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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 16:43
Les albums de ma jeunesse (23) Davy Spillane : Atlantic Bridge

Né à Dublin en 1959, Davy Spillane encouragé par son père se met à l'apprentissage de l'uilleann pipe dès l'âge de douze ans et ce parallèlement à l'étude du tin whistle (qui est un instrument de base par lequel passent de très nombreux jeunes musiciens).

Dans les années qui suivent il joue en session en compagnie de musiciens professionnels et progresse rapidement.

A l'âge de seize ans il donne déjà des concerts en Irlande et en Angleterre. Il commence à composer à partir de 1978 et se fait déjà un peu connaître. Le cinéaste Joe Comerford lui propose un petit rôle dans son film "Traveller" paru en 1981.

En 1981 également il se fait enrôler par Donal Lunny dans le groupe Moving Hearts qui mélange la musique traditionnelle au rock et au jazz. Avec eux Davy va enregistrer quatre albums.

J'avais d'ailleurs découvert Davy Spillane en  1985 avec le disque "The Storm" des Moving Hearts. 

Et j'avais été impressionné par sa maîtrise tant à la cornemuse irlandaise qu'au low whistle. 

Après la première séparation du groupe Davy a entamé une carrière en solo.

Je me suis procuré "Atlantic Bridge" (1987) chez Keltia Musique à Quimper.

Pour cet enregistrement, Davy Spillane  avait eu l'idée de mélanger la musique irlandaise avec du bluegrass et aussi du blues.

Pour se faire il va s'entourer de musiciens irlandais comme Greg Boland (guitare électrique), John Donnelly (batterie), Noel Eccles (percussions) ainsi que Christy Moore (uniquement au bodhran) et Eoghan O' Neill (basse, guitares acoustiques) ses anciens confrères des Moving Hearts.

Plus Bela Fleck (banjo et guitare acoustique) ,Albert Lee (guitares et piano) et Jerry Douglas (dobro) qui donneront par moments une coloration bluegrass à l'ensemble.

Selon moi c'est vraiment Davy qui a donné ses lettres de noblesse au low whistle (version agrandie du tin-whistle réalisée par le luthier Bernard Overton à la demande d'un autre musicien Finbar Furey au début des seventies).

j'avais déjà été impressionné par son jeu tout en puissance et en émotions sur les disques des Moving Hearts. Il a bien sûr confirmé sur ce vinyle-ci.

Illustration avec la composition ci-dessous. 

Toute la créativité de Davy Spillane transparait dans l'extrait suivant.

"By the river o Gems" est une suite instrumentale avec d'abord un "lament" c'est à dire un morceau lent joué à la cornemuse solo. Puis une partie jouée au low whistle très entraînante avec le bon soutien de la basse d'Eoghan O' Neill et des guitares acoustiques puis le titre se termine sous forme d'un reel plus rapide avec les bonnes interventions de Jerry Douglas au dobro et Bela Fleck au banjo.

Ce titre est un de mes préférés.

Les albums de ma jeunesse (23) Davy Spillane : Atlantic Bridge

On en arrive à présent au titre phare de l'album : Atlantic Bridge, une composition dans laquelle Davy illustre le lien entre la musique irlandaise et la musique américaine.

Un lien bien réel vu la migration de nombreux irlandais aux States durant le 19ème siècle.

Le dobro puis les pipes démarrent une sorte de gigue typiquement irlandaise bien soutenus par le banjo.

Une première partie où les musiciens montrent beaucoup de liberté d'interprétation. Vient ensuite un reel toujours avec la cornemuse, le banjo les guitares et le dobro qui symbolise tout en longueur le "pont" au dessus de l'Atlantique. S'ensuit la troisième partie qui s'apparente au bluegrass des U.S.A.

Pour la petite histoire le "dobro" (créé par les Do.pera Bro.thers est un instrument hybride entre la guitare et le banjo souvent utilisé en bluegrass et en country music. Le son est assez proche de celui des steel-guitars.

Après ce disque, Davy Spillane poursuivra sa carrière en solo en enregistrant huit autres cd.

Il composera aussi diverses musiques de films pour des cinéastes irlandais. Sa composition la plus connue est la musique du film "Rob Roy" en 1995.

En 1992 Davy va collaborer avec Andy Irvine et Bill Whelan sur le projet "Eastwind". Soit des musiciens irlandais (et aussi Bulgares) qui jouent de la musique des Balkans.

Toujours en 1992 le claviériste Bill Whelan fait appel à Davy pour sa composition "The Seville Suite" qui illustre des faits historiques dans l'Espagne du XVIIème siècle.

Poursuivant sur sa lancée Bill Whelan compose en 1994 la musique du show Riverdance qui met en l'honneur Michael Flatley et les danseurs et danseuses de step-dance irlandaises. Davy Spillane est engagé dans le show en tant que soliste. 

L'aventure durera plusieurs années mais Davy continuera à collaborer avec d'autres artistes comme Mike Oldfield, Rory Gallagher, Enya, Kate Busch, Elvis Costello, Emmylou Harris, Rita Connoly.

En fait la liste de ses collaborations musicales (en comptant les compilations) atteint le nombre incroyable de plus de 120 cd !

Et ce bien au-delà des frontières de l'Irlande avec des gens comme Bryan Adams, Chris Rea, Gerry Rafferty, Alan Stivell, Denez Prigent, Van Morrison, Capercaillie...

 

Les albums de ma jeunesse (23) Davy Spillane : Atlantic Bridge

En 2007 reformation des Moving Hearts qui vont donner de nombreux concerts sur la scène internationale.

Enregistrement en 2008 de "Live in Dublin" qui augmentera encore la renommée du groupe qui continuera à se produire de façon plus sporadique dans les années '2010.

Le dernier cd solo de Davy est actuellement "Between Longing and Belonging" sorti en 2016.

Pour terminer, un quatrième extrait du disque Atlantic Bridge avec le titre "O' Neill's statement".

Un titre qui démarre aussi au low whistle avec d'excellentes guitares et basses du terrible Eoghan O' Neill et de nombreuses percussions jouées par Noel Eccles et Christy Moore.

Encore un très bel instrumental qui dans ce cas-ci se termine par un traditionnel.

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 08:32
Les albums de ma jeunesse (21) : Andy Irvine & Paul Brady

Dans la continuité de mes découvertes à retardement depuis le groupe Planxty (1985) je m'étais efforcé de me procurer tous les albums manquants à ma collection.

J'ai donc trouvé (chez Green Linnet, USA) ce disque enregistré par Paul Brady et Andy Irvine en 1976.

Si on ne présente plus Andy Irvine, Paul Brady par contre m'était inconnu.

Né à Belfast en 1947, Paul  est un chanteur et compositeur multi-instrumentiste (guitare, mandoline, bouzouki, piano et whistles).

Il avait intégré Planxty en 1974 soit juste après l'enregistrement du disque "Cold blow and the rainy night".

Un trente-trois tours dans lequel Johnny Moynihan (ex. Sweeneys'men) avait aussi joué pour pallier à l'absence partielle de Donal Lunny.

Donal en effet ne participait plus à tous les concerts du groupe vu ses multiples autres occupations musicales. Planxty tournant alors à cinq avec Christy Moore, Liam O' Flynn, Andy Irvine, Johnny Moynihan et Paul Brady.

Cela dura un peu plus d'un an jusqu'à la séparation provisoire du groupe fin 1975.

Andy se lia d'amitié avec Paul qui était à la fois amateur de rock et de folk et ils décidèrent de former un duo pour chanter en alternance.

ils commencèrent alors à se produire dans divers endroits en Irlande.

Sur scène ils étaient souvent rejoints par un autre musicien...Donal Lunny formant ainsi un nouveau trio.

Fin 1976 ils décident d'enregistrer ce vinyle et demandent au violoniste Kevin Burke (ex. Bothy Band) de se joindre à eux.

Ce LP contient dix titres, deux suites instrumentales et huit chansons réparties entre Paul et Andy.

 

Les albums de ma jeunesse (21) : Andy Irvine & Paul Brady

Le disque démarre par une chanson d'Andy "Plains of Kildare" qui à l'origine date du 18ème siècle.

L'histoire relate une course hippique entre cheval blanc tacheté (skewbald horse) appartenant à Sir Arthur Marvel et une jument grise (grey mare) dont Sir Ralph Gore était le propriétaire.

Avec le temps cette chanson a été reprise par divers auteurs dont Bert Lloyd et Eddie Butcher, passant aussi par les USA.

Idem le nom de ce cheval qui gagnait de nombreuses courses en Angleterre puis en Irlande Skewbald est devenu Skewball puis Stewball au fil du temps.

Plus tard en France Hughes Auffray et Pierre Delanoé avaient adapté en français une version reprise entre autre par Joan Baez sauf que dans sa version Stewball fait une chute qui lui sera fatale.

"Plains of Kildare" est donc une adaptation d'Andy Irvine tant pour la musique que pour les paroles.

 

Deuxième extrait avec "Arthur Mc Bride" chantée par Paul Brady.

Originaire de Limerick cette chanson a été écrite contre le recrutement militaire qui se faisait partout dans les villages irlandais.

Pour un peu d'argent et de beaux vêtements, les sergents recruteurs enrôlaient de nombreux jeunes dans l'armée britannique. Dans la chanson le narrateur et son cousin Arthur Mc Bride refusent et chassent les trois soldats de leur village.

Datant du 19ème siècle, ce chant traditionnel avait été repris entre autre par Planxty et Andy Irvine, les Anglais Martin Carthy et Dave Swarbrick mais aussi Bob Dylan qui l'avait ajoutée à son répertoire en  1992.

Par rapport aux interprètes ci-dessus Paul Brady a adapté tant la musique que les paroles afin d'en faire une version vraiment personnelle.

Avec son excellent jeu de guitare et sa voix puissante et haut perchée il a fait de ce titre un véritable classique du répertoire irlandais.

Autre chanson de Paul "Mary and the Soldier" qui raconte l'histoire d'un garçon qui doit laisser sa fiancée pour partir à la guerre. De nombreuses versions du même style relatent que des jeunes filles se déguisent parfois en homme pour entrer dans l'armée et suivre leur bien-aimé. Dans "Mary and the soldier" le jeune homme prend d'abord la précaution d'épouser sa promise avant de partir en guerre.

Dans cette chanson j'aime beaucoup les parties jouées par l'harmonica d'Andy et le fiddle de Kevin.

Les albums de ma jeunesse (21) : Andy Irvine & Paul Brady

Ce disque remportera grand succès. Andy et Paul (parfois avec Donal) continuant à se produire sur scène durant environ deux ans.

En 1978, Paul Brady enregistrera un autre album folk "Welcome here kind stranger" avec une reprise de la chanson "The Lakes of Pontchartrain".

Puis fera d'autres disques avec divers musiciens irlandais comme Matt Molloy, Tommy Peoples, Andy Mc Gann, John Kavanagh, Paddy Reynolds, Sean O' Casey, le groupe The Johnstones...

Au début des années '80 il décide cependant de quitter le folk pour démarrer une carrière solo dans la musique rock et pop.

Son premier album du genre est "Hard Station" sorti en 1981.

Jusque en 2017, Paul va continuer de collaborer avec divers artistes et d'enregistrer des cd (une quinzaine) dont certaines chansons seront reprises par d'autres chanteurs.

De son côté Andy Irvine poursuivra sa carrière en solo puis retour à Planxty dans les années '80 jusqu'à la nouvelle séparation (provisoire) du groupe en 1983.

En 1987 il allait retrouver Kevin Burke pour l'aventure du groupe "Patrick Street" qui allait durer jusqu'en 2014.

Histoire d'un groupe intermittent car dans l'intervalle Andy allait enregistrer d'autre disques : en solo, avec Davy Spillane, avec Dick Gaughan aussi le groupe Mosaik.

Nouvelle reformation de Planxty en 2004 avec ce cd-dvd live au "Vicar Street" de Dublin puis nouvelles tournées.

Christy Moore reprend ensuite sa carrière en solo et est remplacé par le violoniste Paddy Glackin pour former un nouveau groupe L.A.P.D (Liam, Andy, Paddy et Donal) qui reprendra de nombreux anciens morceaux sur scène.

Dans certains concerts de L.A.P.D. on vit aussi venir s'ajouter parfois un cinquième musicien...un certain Paul Brady.

Mais terminons avec un dernier morceau de ce 33 tours de 1976 avec "Martinmas Time, une chanson que j'adore pour la qualité de ses arrangements vocaux.

Ce chant est également à propos de jeunes filles qui veulent suivre leur fiancé dans l'armée et pour ce faire empruntent des habits de garçon et coupent leurs cheveux.

Un titre qui se termine par l'instrumental "The little stack of Wheat" composé par Michael Coleman.

 

 

Les albums de ma jeunesse (21) : Andy Irvine & Paul Brady

Enfin, comme on pouvait s'y attendre, en 2017 les quatre musiciens décident de fêter le quarantième anniversaire de ce disque en donnant une série de concerts qui seront sold-out.

Retour donc de Kevin Burke (qui vit aux Etats-Unis) pour l'occasion.

Je ne pense pas qu'un nouveau cd a été enregistré mais ceux qui le désirent  peuvent regarder le long extrait de concert ci-dessous avec nos quatre amis toujours en grande forme.

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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 16:28
Les albums de ma jeunesse (20) Kevin Burke & Micheal O' Domhnaill : Promenade

J'avais déjà chroniqué deux fois ce duo mais je voulais y revenir dans cette série de LP qui ont marqué la fin de ma jeunesse.

Ici on se retrouve fin des années '80 ou début des années '90 suite aux découvertes de 1985 à la Fnac de Bruxelles.

J'avais fait un retour en arrière en écoutant les disques du Bothy Band puisqu'ils étaient déjà séparés depuis 1979.

Cette année-là le violoniste Kevin Burke et le guitariste Micheal O' Domhnaill avaient donc décidé de poursuivre l'aventure en duo.

Enregistrant ce premier album "Promenade" la même année.

Du violon, de la guitare et du chant principalement avec le concours de Triona NI Dhomhnaill (vocaux) , Declan Sinnott (guitare électrique & basse) et Donal Lunny (bouzouki) sur certains morceaux.

Ce disque avait tout de même une filiation avec le Bothy Band au niveau des sonorités.

Mais ici le duo me permettait de mieux apprécier encore le talent de chaque musicien.

Je ne cache pas que Kevin Burke reste un de mes violonistes irlandais préférés parce que son fiddle est "chantant" et qu'il maîtrise bien les notes graves.

Aussi parce qu'il est un des musiciens dont j'ai le plus de disques (Bothy Band, Patrick Street, albums solo, Open House, Celtic Fiddle Festival...) et que je reconnais très bien sa manière de jouer.

De même Micheal O' Domhnaill était vraiment un top guitariste de la scène irlandaise. Il avait l'art de bien marquer le rythme et de donner du relief aux autres instruments.

C'était un bon chanteur aussi tant en anglais qu'en gaélique.

Ci-dessous "The pigeon on the gate" une suite de reels avec aussi le titre très connu "Lafferty's" qui avait été repris par l'Héritage des Celtes.

Les albums de ma jeunesse (20) Kevin Burke & Micheal O' Domhnaill : Promenade

Pour enchaîner, "The Promenade" qui est un titre assez lent et tout en douceur.

La guitare une fois de plus bien là pour soutenir le fiddle de Kevin.

Il faut saluer aussi Declan Sinnott à la basse et à la guitare électrique dans ce morceau. Son accompagnement donne plus de "rondeur" encore à cette jolie mélodie.

En 1982 les deux amis décideront de donner une suite à ce très beau disque en enregistrant l'album "Portland" en Oregon (USA) là où ils vivaient à l'époque.

Un deuxième opus que je me suis empressé d'acheter grâce au catalogue de Green Linnet là où je commandais une partie de mes disques à l'époque.

Un disque magnifique également, Kevin et Micheal rivalisant de maîtrise dans ce second 33 tours.

Dans ce LP que je vous conseille il y a une notamment une jolie incursion dans la musique bretonne

avec le titre "Breton gavottes" emprunté à un disque du violoniste Patrick Sicard.

Revenons cependant à l'album "Promenade" avec un troisième extrait.

"Walsh's Hornpipe, The Old Torn Petticoat, The Old Torn Pettitcoat (reel), The bank of Ireland"

Remarquable suite instrumentale avec un hornpipe très dansant pour démarrer, le second hornpipe continue sur le même rythme mais cette fois la guitare est plus sonore et le fiddle se fait plus insistant. Puis plus rapide avec la guitare de Micheal qui appuie plus encore.

L'air reste ensuite le même mais est à présent joué en reel sur la troisième partie qui devient plus entraînante encore pour se terminer sur un autre reel "The bank of Ireland" où Kevin frotte d'avantage son archet sur les cordes.

Ce morceau est vraiment un must.

Les albums de ma jeunesse (20) Kevin Burke & Micheal O' Domhnaill : Promenade

Enregistrée en 1982 aux States, une cassette vidéo viendra compléter leur discographie car il n'y a pas eu de troisième disque hélas.

Un concert que j'ai bien entendu adoré aussi car rien de tel que de voir jouer des musiciens en live.

Kevin et Micheal ont en effet poursuivi leurs carrières dans d'autres directions.

Micheal O' Domhnaill allant d'abord former le groupe irlando-écossais "Relativity avec sa soeur Triona et les deux frères Cunningham avant de se consacrer (entre autre) au groupe Nightnoise" toujours aux U.S.A.

Kevin de son côté continua à enregistrer des disques en solo avant de faire partie de groupes comme Open House, Celtic Fiddle Festival et Patrick Street.

Un dernier extrait de ce LP de ma jeunesse avec cette fois une version live d'une chanson traditionnelle  "Lord Franklin".

Un titre qui relate une expédition dans l'océan Artique de Sir John Franklin en 1845 qui cherchait un passage vers l'océan Pacifique.

Leur navire fut surpris et prisonnier par les glaces et Franklin et son équipage de 130 marins trouvèrent la mort dans ce voyage.

 

Les albums de ma jeunesse (20) Kevin Burke & Micheal O' Domhnaill : Promenade

Micheal O' Domhnaill nous a hélas quitté en 2006.

Kevin Burke qui a 70 ans à présent continue de tourner aux Etats Unis. Son dernier cd en duo avec John Brennan date de 2016.

Pour d'autres infos :

 

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 20:28
Les albums de ma jeunesse (19) Christy Moore : Ordinary Man

C'est à la Fnac (mais cette fois à Liège) que j'ai acheté ce vinyle fin des années '80.

J'avais découvert Christy Moore quelques années plus tôt avec le groupe Planxty et j'avais directement aimé ce chanteur.

Après la séparation de Planxty,  Christy avait d'abord été membre d'un autre groupe les "Moving Hearts" avant de retourner à sa carrière en solo.

Ce disque (paru en 1985) est en fait mon unique 33 tours de Christy car quelques années plus tard, l'ère du cd est arrivée et c'est avec ce nouveau support que j'ai continué à explorer son importante production discographique.

Je garde cependant une affection particulière pour ce LP.

Christy Moore aime bien travailler avec les gens qu'il connait, c'est donc tout naturellement que sont invités sur ce disque Liam O'Flynn (uilleann pipe), Andy Irvine (mandoline) et Donal Lunny (bodhran, claviers, bouzouki, mandoline, guitare) soit ses anciens collègues de Planxty.

Egalement le grand guitariste irlandais Arty Mc Glynn ainsi que la chanteuse Enya.

Noel Bridgeman (accordéon), Tony Molloy (basse), Noel Eccles (percussions) sont aussi de la partie.

Un disque qui démarre tout en douceur avec la chanson "Sweet music roll on" où la voix de Christy se fait plus grave et où la cornemuse de Liam a un côté planant.

Vient ensuite une chanson écrite par Christy "Delirium Tremens" à propos d'un rêve sur les pérégrinations de quelqu'un durant une nuit d'ivresse.

"Ordinary Man" de Peter Hames est le troisième titre de ce disque.

Chanson à propos d'un ouvrier qui a perdu son travail à l'usine et qui n'arrive plus à retrouver un emploi.

Christy Moore a de nombreuses chansons engagées à son répertoire. Il est plutôt de gauche et ses idées sont une des choses qui le caractérisent.

j'ai choisi ici de mettre une vidéo live (plus récente) pour souligner son jeu énergique et pour illustrer sa collaboration de longue date avec le guitariste Declan Sinnot (ex. Moving Hearts). 

 

Au niveau musical, il faut souligner une fois encore le travail de Donal Lunny (qui joue de cinq instruments) dans les arrangements et d'Arty Mc Glynn (aux diverses guitares) dont le jeu est d'une rare précision.

Arty Mc Glynn privilégie les notes basses et sa manière de jouer constitue une sorte de socle sur lequel les voix et les autres instruments viennent se poser.

Arty a collaboré avec un nombre impressionnant d'artistes irlandais en tous genres, son travail est d'une efficacité remarquable.

 

Les albums de ma jeunesse (19) Christy Moore : Ordinary Man

Une autre chanson que j'ai beaucoup apprécié est ce titre de Colm Gallagher "The Reel in the Flickering Light" à cause du rythme imprimé par Christy auxquels répondent avec finesse les claviers programmés par Donal Lunny. 

 

Anecdote à propos de ce 33 tours. 

En 1991 nous étions en vacances en Irlande où nous avions entre autre visité le Connemara.

Dans un magasins de souvenirs où l'on vendait notamment des objets en marbre j'entendis de la musique irlandaise et il s'agissait de ce disque de Christy Moore. 

Les albums de ma jeunesse (19) Christy Moore : Ordinary Man

Cette fois une chanson plus triste avec ce traditionnel à propos d'une explosion dans une mine de charbon sur les bords de la rivière Clyde.

La voix  profonde de Christy et l'uilleann pipe de Liam O' Flynn renforcent le caractère émouvant de cette chanson qui relate une histoire vraie.

 

Christy Moore continue de chanter actuellement.

Comme je le disais plus haut il a enregistré un grand nombre de disques tant en studio que sur scène et c'est toujours un plaisir de l'écouter tant il s'agit d'un personnage haut en couleurs.

Un incontournable de la chanson irlandaise.

Ci dessous un quatrième extrait de ce 33 tours avec ce titre écrit par un chanteur Australien Hugh Mc Donald (qui est plutôt un chanteur rock).

"Diamondtina Drover" (ou Diamantina) est une chanson pleine de nostalgie de quelqu'un de Sydney qui avait autrefois vécu à Cork et se remémore des souvenirs.

Elle a été reprise par de nombreux artistes dont Patrick Street, Redgum, Nancy Kerr, Grada...

J'y aime beaucoup le jeu des trois guitares (Christy, Donal et Arty) qui donne un ton plus folk à cette chanson que l'on pourrait écouter devant un bon feu de bois.

Merci à Christy Moore pour ce disque très apaisant qui m'a donné envie de m'en procurer beaucoup d'autres...

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 17:50
Les albums de ma jeunesse (18) : Stockton's Wing "Light in the Western Sky"

C'est durant les années '80 que j'ai découvert les Stockton's Wing en achetant ce vinyle.

Paru en 1982 "Light in the Western Sky" était déjà le troisième opus de ce groupe.

Originaires de Ennis dans le Conté de Clare, Paul Roche (flûte & whistles), Kieran Hanrahan (banjo, mandoline, harmonica), Maurice Lennon (fiddle, viole), Tommy Hayes (bodhran, percussions) et Tony Callinan (guitare et chant) forment ce band en 1977.

De jeunes et talentueux musiciens qui remportent assez vite un certain succès.

En 1978, ils enregistrent un premier album éponyme.

Mike Hanrahan (frère de Kieran) rejoint le groupe en 1980 en remplacement de Tony Callinan.

Cette même année, ils sortent le second disque "Take a chance".

Egalement guitariste et chanteur, Mike écrit ses propres chansons et propose de les intégrer peu à peu au répertoire du groupe.

En 1982, sortie donc de "Light in the Western Sky" un disque sur lequel ils invitent quelques amis comme Fran Breen (batterie, percussions), James Delaney (claviers), Aine O' Connell (chant).

Et aussi Steve Cooney (basse, guitare, mandoline, didgeridoo) qui joue régulièrement avec eux.

La présence du didgeridoo (grand instrument à vent) parait moins étrange lorsqu'on sait que Steve Cooney est d'origine australienne.

 

 

Les albums de ma jeunesse (18) : Stockton's Wing "Light in the Western Sky"

De gauche à droite : Mike Hanrahan, Maurice Lennon, Kieran Hanrahan, Tommy Hayes et Paul Roche.

 

Ce qui m'avait directement plu chez eux c'est leur façon détendue d'interpréter la musique irlandaise.

Aussi leur son caractéristique avec le banjo très présent mélangé à la flûte et au fiddle.

C'était tout de même fort différent de groupes comme Planxty ou le Bothy Band.

Mike Hanrahan a une voix jeune et plaisante.

C'est lui qui a composé les cinq chansons présentes sur ce 33 tours.

Au niveau instrumental, une partie sont des traditionnels, le reste a été composé par Kieran Hanrahan et Maurice Lennon.

A noter que bien plus tard, Maurice fera encore parler ses dons de compositeur en publiant un album solo : "Brian Boru" (même titre que le disque de Stivell !). Une suite musicale qui raconte la vie de ce roi Irlandais qui avait repoussé les Vikings mais qui en plus d'être un guerrier était aussi harpiste.

 

Ce version live pour illustrer tout le dynamisme des Stockton's Wing.

Une belle maîtrise des notes aiguës bien soutenues à certains moments par la basse et la batterie.

Ci-dessous probablement leur chanson la plus connue qui est vraiment représentative de la manière dont ils interprètent la musique irlandaise.

 

En 1984 ils font leur première tournée aux U.S.A. et ce sera l'occasion d'enregistrer le disque suivant "American special".

Puis suivra leur excellent album live "Take one" en 1985.

Enregistré à Dublin et à Galway, ce disque est un peu plus électrique avec toujours Fran Breen à la batterie, le nouveau bassiste Tony Molloy et les claviers de Bill Whelan.

L'album suivant "Full Flight" de 1986 marque un tournant dans la musique du groupe car il est nettement plus rock et même un peu jazz mais de très bonne qualité également avec des chansons comme "So many miles" ou "Why wait until tomorrow" avec ça et là la présence d'un saxophone.

Un disque que j'ai bien aimé aussi.

"Celtic Roots Revival" sorti en 1988 sera leur dernier vinyle car après est arrivée l'ère du cd. J'avais trouvé ce disque lors de mon voyage en Irlande.

Un album plus traditionnel que le précédent avec cette fois l'arrivée du claviériste Peter Keenan.

Kieran Hanrahan quitte alors le groupe en 1991 et est remplacé par le joueur de banjo David Nevin.

En 1992 Stockton's Wing enregistre "The Crooked Rose" qui sera le dernier Mike Hanrahan en tant que chanteur.

Dans la suite Mike va travailler avec Finbar Furey puis avec Ronny Drew (ex. Dubliners) dont il deviendra le guitariste et producteur.

Le dernier cd de Stokton's Wing "Letting Go" paraîra en 1995 cette fois avec Eamon Mc Eholm pour remplacer Mike Hanrahan.

Le groupe dans sa composition originale se reformera cependant en 2003 pour une série de concerts.

Puis en 2009, à l'initiative de Mike Hanrahan, pour d'autres show télévisés encore avec cette fois deux nouveaux membres : Tara Breen (fiddle) et Karol Lynch (Mandoline, banjo) + Paul Roche, Tommy Hayes et Steve Cooney.     

 

Les albums de ma jeunesse (18) : Stockton's Wing "Light in the Western Sky"

Pour terminer un dernier morceau de "Light in the Western Sky" avec cet instrumental "The Golden Stud" que j'ai toujours adoré (aussi parce que ce morceau qui démarre lentement puis s'accélère est très agréable à jouer au tin-whistle).

"Tommy Peoples Jig", "The Golden Stud" et "The Morning Dew" sont les trois parties de ce titre.

Bonne écoute.

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 19:13
Les albums de ma jeunesse (17) : Patrick Street

Tout comme Silly Wizard, J'ai découvert "Patrick Street" au tout début des années '90 dans le catalogue de Green Linnet aux U.S.A.

Les Américains faisaient de beaux efforts de marketing en y présentant les groupes avec les noms des musiciens, le type d'instruments utilisés, le style de musique.

De plus cela revenait moins cher (!) malgré le port et les taxes à l'importation d'acheter des vinyles aux States qu'en France ou en Belgique.

C'est ainsi que j'ai découvert une série d'artistes à l'époque.

Ce groupe était pour moi l'occasion de retrouver Andy Irvine (ex. Planxty) et Kevin Burke (ex. Bothy Band) soit deux de mes musiciens irlandais préférés.

Avec eux l'accordéoniste Jackie Daly (qui avait joué avec De Dannan) et le guitariste virtuose Arty McGlynn.

Ré-écouter la voix d'Andy Irvine cette fois avec d'autres sonorités que dans Planxty était pour moi une aubaine dont je voulais pleinement profiter.

Kevin Burke, je ne l'avais jamais perdu de vue (après le Bothy Band) puisque j'avais déjà eu l'occasion de le ré-entendre dans ses duos avec Micheal O' Domhnaill (2 disques et une vidéo) et dans ses albums en solo.

C'est précisément de là qu'était née la pré-formation de ce groupe.

En 1985 en effet, Andy Irvine rejoint Kevin et Micheal aux Etats-Unis où ils commencent à jouer en trio.

Lorsque Micheal était indisponible c'était alors le guitariste Gerry O' Beirne qui le remplaçait puis allait définitivement prendre sa place.

A l'époque leurs concerts aux U.S.A. remportent de plus en plus de succès. Ils décident alors d'incorporer Jackie Daly au groupe.

Jackie Daly, autre pointure de la musique irlandaise qui avait aussi été membre de Arcady et Buttons et Bows (avec les violonistes Seamus et Manus McGuire).

Ce mélange fiddle - accordéon n'étant d'ailleurs pas une expérience vraiment nouvelle puisqu'en 1981 Kevin Burke et Jackie Daly avaient déjà enregistré un disque similaire accompagnés de quelques musiciens (Iatus Commerford, Paul Brady, Conal O'Grada, Philip Begley)

Intitulé "The Eavesdropper" il était en quelque sorte un album précurseur de Patrick Street.

Andy, Kevin, Gerry et Jackie tournent d'abord aux U.S.A. sous le nom de "The legends of irish music" avant de prendre en 1986 le nom de Patrick Street en lien avec le fait qu'il y a dans chaque grande ville irlandaise une rue qui porte le nom du plus populaire des saints.

Alors qu'ils préparent l'enregistrement de leur premier disque, Gerry O' Beirne quitte le navire et est remplacé par Arty McGlynn.

ils sortent leur premier album éponyme en 1987. 

La chanson ci-dessous avait été composée par Gerry O' Beirne

  

Je ne pouvais qu'être sous le charme en écoutant ce premier disque.

Une telle addition de talents auxquels venait encore s'ajouter Donal Lunny (tiens donc) venu leur prêter main forte aux claviers et au bodhran dans certains morceaux.

Le fiddle et l'accordéon joués par deux virtuoses accompagnés de main de maître par la guitare d'Arty McGlynn (qui joua avec de très nombreux artistes dont Van Morrison, Enya, Liam O' Flynn, Nollaig Casey...) qui fait un peu office de basse dans l'ensemble.

En plus du chant, Andy Irvine de son côté distille divers accompagnements avec ses bouzoukis, mandolines ou harmonicas.

Comme toujours, la finesse de son jeu fait merveille.

Les albums de ma jeunesse (17) : Patrick Street

Ci-dessous leur chanson de présentation "Patrick Street" qui démarre le trente-trois tours sur un air très dansant qui va d'ailleurs se terminer par une gigue (The Carraroe Jig).

Le ton est donné.

Andy Irvine et Kevin Burke sont les deux seuls membres a être restés durant toute la durée de vie du groupe soit de 1986 à 2014.

En 1993 Ged Foley (The House Band) remplace Arty Mc Glynn à la guitare et restera jusqu'au dernier cd enregistré en 2007.

C'est dans cette formation que j'avais eu la chance de les voir un jour en concert dans les années '90 à Bruxelles.

Au fil des albums, plusieurs musiciens sont devenus membres de Patrick Street puis sont repartis.

C'est le cas de James Kelly (fiddle), Declan Masterson (uilleann pipe), Gerry O' Beirne (de retour sur le troisième disque), plus les claviéristes Bill Whelan, Enda Walsh, Brendan Hearty présents sur certains titres d'un disque à l'autre.

En 2007, Jackie Daly participe au dernier cd "On the fly" mais n'est plus vraiment membre du groupe.

C'est John Carty (fiddle, tenor banjo & flûte) qui le remplace tant pour l'enregistrement que pour les concerts.

Ce qui est un grand changement car si on entend encore un peu d'accordéon sur ce disque, ce sont surtout les deux violons qui dictent les sonorités du nouveau Patrick Street.

Bien que différent, ce cd est d'excellente qualité également.

Ce neuvième album sera aussi le dernier du groupe qui continuera à tourner durant sept ans mais cette fois sans Ged Foley qui sera remplacé par... Arty Mc Glynn de retour aux affaires.

Durant les 28 années de leur existence Patrick Street trouva le temps d'enregistrer ses disques et de tourner avec succès tant aux Etats Unis qu'en Europe.

Cependant il s'agissait d'un groupe "intermittent" car les divers membres jouaient régulièrement dans d'autres projets.

Ci-dessous un autre extrait avec une mélodie très douce composée par Andy suivie d'une chanson écrite par Andy Mitchell.

 

Les albums de ma jeunesse (17) : Patrick Street

Une dernière vidéo qui pour moi est importante car c'est la seule qu'on trouve sur le Net du groupe dans sa composition initiale (McGlynn, Burke, Daly, Irvine).

Dans toutes les autres soit c'est Ged Foley à la guitare et le nouveau musicien John Carty, soit c'est Arty McGlynn et John Carty dans les vidéos plus récentes.

Un mini-concert qui dure 18 minutes enregistré à Bonn en Allemagne vraiment à leurs débuts en 1987 qui correspond parfaitement à leur premier album.

Bonne écoute...même si vous ne comprenez pas l'allemand.

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 20:50
Les albums de ma jeunesse (14) Moving Hearts "The Storm"

Troisième album acheté à la Fnac en 1985 avec ce 33 tours des Moving Hearts.

Ici aussi j'avais pris le train en marche car il s'agissait déjà du quatrième opus de ce groupe.

En effet en 1981 Donal Lunny et Christy Moore (alors membres de Planxty) avaient envie de démarrer un autre projet musical.

C'est à dire à la base former un trio avec le guitariste Declan Sinnott pour créer des liens entre la musique traditionnelle irlandaise et la musique contemporaine.

Puis l'idée évolua pour s'ouvrir à d'autres musiciens rock comme le bassiste Eoghan O'Neill, le batteur Brian Calnan ainsi que le saxophoniste Keith Donald.

Pour l'aspect musique traditionnelle Donal Lunny proposa d'abord le poste au joueur d'uilleann pipe du Bothy Band, Paddy Keenan mais celui-ci n'était pas intéressé.

Donal se tourna alors vers le jeune piper Davy Spillane qui était déjà d'un excellent niveau.

La musique des Moving Hearts est très énergique avec une forte coloration rock.

Elle est constituée principalement de chansons à fort engagement politique (entre autre à propos de la situation en Irlande du Nord) et aussi d'instrumentaux dans lesquels on peut apprécier tout le talent de Davy Spillane.

Moving Hearts se produit d'abord dans des petites salles comme le Baggot Inn de Dublin puis sa renommée augmente.

Ils enregistrent un premier disque éponyme en 1981

Puis un deuxième en 1982 "The dark end of the street". 

Leur succès grandissant, ils s'attaquent à de plus grandes assemblées comme le festival de Montreux, le Bottom Line de New York ou l'Inter-celtique de Lorient.

Après le départ de Christy Moore, Moving Hearts enregistre en 1983 un troisième disque live avec cette fois le chanteur Mick Hanly.  

Le fait qu'ils chantent des titres engagés comme "Hiroshima, Nagasaki Russian Roulette" (Jim Page), "Remember the braves one" (Barry Moore), "Allende" (Don Lange), "What will you do about me" (Jesse Oris Farrow)...les prive (peut-être) de l'adhésion d'une partie du public. 

En ce qui me concerne, ayant acheté ces disques par après, j'ai beaucoup apprécié ces chansons également.

Il est cependant clair que cette musique se rapprochait d'avantage du rock avec certaines colorations jazz dues au phénoménal saxophone de Keith Donald. Bien sûr il y avait des interventions à l'uilleann pipe mais cela faisait moins penser à de la musique irlandaise. 

En 1985 Donal Lunny décide de réorienter la musique de Moving Hearts vers un style folk.

La grande nouveauté est qu'il n'y a plus de chanteur dans le groupe.

Greg Boland est le nouveau guitariste et Noel Eccles le nouveau percussionniste, ils s'en viennent rejoindre Matt Kelleghan (batterie), Keith Donald, Eoghan O'Neill, Davy Spillane et Donal Lunny.

Autre nouveauté Donal Lunny décide d'engager un deuxième  joueur de cornemuse irlandaise pour épauler Davy Spillane dans certains morceaux, il s'agit de Declan Masterson.

The Storm contient donc de la musique traditionnelle irlandaise et des compositions des divers membres faites dans un style folk.

"The Lark" est une suite instrumentale qui dure plus de 13 minutes et qui contient 7 titres;

Six sont issus du folklore irlandais et un "In the Mountains of Holland" a été composé par Donal Lunny et Eoghan O'Neill.

j'adore particulièrement ce passage (à partir de 5'40'' jusque 8'35'') qui est une improvisation qui sonne très jazz.

 

 

Avec Moving Hearts, Donal Lunny joue à présent du bouzouki électrique ainsi que des synthétiseurs.

Ce que j'ai toujours trouvé remarquable dans cette musique ce sont les dialogues entre l'uilleann pipe et le saxophone qui à la base sont des instruments qui ne jouent jamais ensemble.

Eoghan O'Neill est également un remarquable bassiste qui soutient merveilleusement l'ensemble.

Il est une des clés de la qualité de ce groupe.

Les albums de ma jeunesse (14) Moving Hearts "The Storm"

De gauche à droite : en haut Eoghan O'Neill, Matt Kelleghan, Declan Masterson, Keith Donald.

                                 en bas : Greg Boland, Donal Lunny, Davy Spillane et Noel Eccles.

Second extrait avec The Titanic qui est une suite de deux titres :

An Irishman in Brittany composée par Eoghan

A Breton in Paris composé par Donal.

L'intro au bouzouki est tout simplement fabuleuse.

Ce titre qui démarre lentement au low whistle relayé par la cornemuse puis qui s'accélère toujours plus en laissant une part tout le temps plus importante au saxophone...est tout simplement magique !

 

Autre suite de deux titres avec "The Storm" (la tempête) avec

The storm in the t'shirt composé par Davy Spillane

et The Staff in the Baggot qui est encore une composition de Donal Lunny.

Deux uilleann pipes déchaînés plus le saxophone, plus la guitare électrique avec la batterie plus les percussions et le bouzouki et la basse...encore un titre incroyable qui restera un des morceaux phares du groupe.

Les tournées qui suivirent ce disque allaient progressivement marquer la fin des Moving Hearts.

Le band allait encore se produire épisodiquement entre 1986 et 1990 avec quelques nouvelles têtes comme Antony Drennan à la guitare et la chanteuse Flo Mc Sweeney.

En 2007 pourtant le groupe décide de se reformer avec cette fois Graham Henderson comme claviériste et l'ajout d'un violoniste (pour la première fois) en la personne de Kevin Glackin.

En 2008 Moving Hearts a enregistré un cd-dvd qui reprend tous les titres de l'album The Storm plus d'autres instrumentaux qui se trouvaient sur les disques précédents comme "Mc Brides" , "Downtown", "Category"...

Avec cette fois un immense succès à la clé et de nombreux concerts tant en Irlande qu'en Europe avec des publics regroupant plusieurs générations.

 

Les albums de ma jeunesse (14) Moving Hearts "The Storm"

Pour terminer un dernier extrait de ce disque de 1985 avec "Finore" un très joli titre tout en douceur joué au low whistle avec beaucoup de maîtrise.

Selon moi, en plus d'être un virtuose de l'uilleann pipe, Davy Spillane est le meilleur joueur de low whistle que je connaisse.

Bonne écoute.

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 16:59
Les albums de ma jeunesse (13) The Bothy Band : Out of the wind - Into the sun

Deuxième volet de cette triple découverte à la Fnac de Bruxelles en 1985.

Avec ce disque du Bothy Band qui était paru en 1977 et qui était déjà le troisième opus du groupe.

"Bothy Band" un nom trouvé par un des membres (Micheal O' Domhnaill) qui désignait en Ecosse des petits groupes d'ouvriers agricoles qui se réunissaient le soir pour faire de la musique après leur travail.

En 1975, Donal Lunny s'était provisoirement éloigné du groupe Planxty pour former sa propre maison de disques "Mulligan" et s'orienter vers un autre projet de musique traditionnelle.

Il enrôla l'accordéoniste Tony Mc Mahon, le violoniste Paddy Glackin, le flûtiste Matt Molloy , le joueur d'uilleann pipe Paddy Keenan.

Bientôt ils sont rejoints par deux membres du groupe Skara Brae, la chanteuse et joueuse de clavecin Triona Ni Domhnaill et son frère le guitariste Micheal O'Domhnaill.

Fort de sept musiciens, Bothy Band joue de la musique irlandaise et se produit pour la première fois au Trinity College de Dublin où son passage est très apprécié par le public.

Quelques mois plus tard, Tony Mc Mahon quitte cependant le groupe pour devenir producteur à la BBC.

Leur succès grandissant, Bothy Band décide d'enregistrer un premier disque (éponyme) toujours en 1975.

Paddy Glackin décide pourtant de quitter le groupe et est remplacé par Tommy Peoples un violoniste du Donegal.

Les Bothy Band jouent la musique irlandaise avec une rare énergie et leur renommée va rapidement croître dans toute l'Irlande. 

En 1976 ils décident d'enregistrer un deuxième vinyle : Old Hag you have killed me.

Cette fois c'est le jeune Kevin Burke originaire de Sligo qui est le nouveau violoniste.

Le groupe a cette fois sa formation définitive.

j'ai donc fait la connaissance du Bothy Band avec ce 33 tours "Out of the wind -Into the sun".

Je fus déjà scotché sur ma chaise en écoutant le premier titre "The Morning Star" qui est une suite endiablée de reels.

 

 

 

 

 

Quelle rythme ! C'était encore plus rapide que Planxty.

Cette musique allait plus dans les aiguës et faisait d'avantage penser à celle des Chieftains mais avec une rythmique bien plus marquée.

Ah cet obsédant bouzouki, ah cette cornemuse irlandaise incroyable, ah ce savoureux mélange de flûte et de fiddle...tout m'émerveillait en écoutant ce groupe.

Une de leurs caractéristiques était aussi de démarrer à deux ou trois instruments puis de voir arriver les autres musiciens qui ajoutaient leurs sonorités et leur intensité au morceau.

Dès les premières écoutes, je suis devenu un inconditionnel du Bothy Band.

Les albums de ma jeunesse (13) The Bothy Band : Out of the wind - Into the sun

Triona Ni Domhnaill nous faisait apprécier ses talents de chanteuse, elle chante principalement en anglais.

Son frère Micheal quant à lui nous gratifie de temps à autre d'un titre en gaélique.

Tous deux sont d'avantage spécialistes des ballades assez calmes.

Dans le répertoire du groupe il y a aussi des morceaux plus lents comme celui ci-dessous où la flûte de Matt Molloy se mélange au low whistle de Paddy Keenan.

Un véritable délice !

Après ce disque il y aura encore l'album "After Hours" un live enregistré à Paris en 1979.

Puis le groupe décidera hélas de se séparer.

Un cinquième cd "The Bothy Band live in concert" (qui compile deux concerts radio de 1976 et 1978) complétera leur discographie en 1994. 

Les albums de ma jeunesse (13) The Bothy Band : Out of the wind - Into the sun

Chacun des membres décidant alors de faire carrière de son côté.

Paddy Keenan allait lui se consacrer à la réalisation d'albums solo en collaboration avec des guitaristes comme Arty Mc Glynn ou Tommy O' Sullivan aux U.S.A.

Matt Molloy allait rejoindre Planxty en 1979 pour une série de concerts en Irlande et à l'Etranger ainsi que pour l'enregistrement de deux disques "After the break" et "The woman I loved so well".

Il devient ensuite membre des Chieftains à partir de 1980.

Donal Lunny retournait dans Planxty avant de former Moving Hearts puis de collaborer avec un nombre incalculable d'artistes irlandais et celtiques.

Kevin Burke allait d'abord jouer en duo avec Micheal O'Domhnaill avant de former les groupes "Open House" puis Patrick Street et aussi "Celtic Fiddle Festival". 

Triona Ni Domhnaill et son frère Micheal allaient d'abord rejoindre les frères Cunningham (ex.Silly Wizard) pour former "Relativity" qui mélangeait traditionnels d'Ecosse et d'Irlande. Avant de fonder un autre groupe avec Johnny Cunningham et le flûtiste Brian Dunning "Nightnoise" qui fut un brillant ensemble de jazz-folk.

Restons cependant encore avec le Bothy Band avec cette terrible suite instrumentale : The pipe on the Hob.

Bothy Band aura influencé bon nombre de musiciens irlandais et certains groupes se seront inspirés de leur manière de jouer (entre autre Lunasa).

Il n'y a pas eu de véritable re-formation du groupe si ce n'est en 1999 un morceau joué pour la chaîne irlandaise TG4 Gradaim Ceoil. Sans Paddy Keenan et sans Kevin Burke mais avec les violonistes originaux Paddy Glackin et Tommy Peoples, plus Triona, Micheal, Matt et Donal.

Enfin en 2007 il y a eu ce concert enregistré au Vicar Street de Dublin suite au décès de Micheal O' Domhnaill. Avec cette fois Kevin, Donal, Paddy Keenan, Triona, Matt...un concert à cinq avec une chaise vide laissée pour Micheal.

 

Les albums de ma jeunesse (13) The Bothy Band : Out of the wind - Into the sun

Un dernier extrait avec ce titre que j'aime beaucoup "The Strayaway Child" avec ce beau dialogue entre le fiddle et le flûte.

Bothy Band, un groupe que je continue à écouter avec autant de passion.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 15:52
Les albums de ma jeunesse (12) Planxty : After the break

Assez curieusement je n'ai véritablement découvert la musique irlandaise qu'à partir de 1985.

Pour rappel mon introduction à la musique celtique s'était faite en 1972 grâce à Alan Stivell  qui m'avait ouvert la voie vers les artistes folk (y compris Malicorne) qui étaient à la base presque uniquement des Bretons.

C'est ainsi que tour à tour, j'ai découvert les Tri Yann, Dan Ar Braz, Gwendal, Gilles Servat, les Triskell puis les Sonerien Du et autres Diaouled Ar Menez.

Pour la musique écossaise mes connaissances se limitaient presque essentiellement à deux groupes : les Tannahill Weavers (depuis 1979) et Ossian à partir des années '80.

Au niveau de la musique irlandaise, c'était plus limité encore.

J'aimais beaucoup les chansons irlandaises interprétées par Alan ou l'une ou l'autre chantée par les Tri Yann ou les Triskell mais je ne connaissais pas grand chose.

En fait, avant cela j'avais acheté un album de chansons des Dubliners et un autre vinyle des Chieftains.

J'aimais bien ces chansons de pub des Dubliners (un groupe qui donnait soif), j'aimais bien l'interprétation classique des airs irlandais faite par les Chieftains... mais sans être vraiment emballé.

J'avais écouté aussi le groupe familial "Na Casaidigh" qui proposaient une interprétation plus "moderne" qui me plaisait relativement bien.

Mais ma véritable découverte je la fis en 1985 à la FNAC de Bruxelles.

Cette chaîne de magasins avait son apparition depuis peu en Belgique et ce fut pour moi un réel enchantement.

Un disquaire avec tout un rayon entièrement consacré à la musique celtique, je n'en croyais pas mes yeux !

je n'y connaissais rien mais en faisant défiler toutes ces pochettes de vinyles, toutes plus attirantes les unes que les autres j'étais comme un enfant (de 28 ans à l'époque) dans un magasin de jouets.

Ayant toujours eu une préférence pour les groupes acoustiques, je regardais sur les pochettes les noms des instruments utilisés.

Une chose m'interpella.

Il y avait ce groupe "Planxty" avec Donal Lunny au bouzouki, puis des disques du Bothy Band avec Donal Lunny au bouzouki, puis des disques de Moving Hearts, toujours avec Donal Lunny !

Mais quel était donc ce musicien que l'on retrouvait dans tout les groupes irlandais ?

J'ai donc acheté un 33 tours de chacun de ces groupes pour me faire ma propre idée.

Inutile de dire que je n'ai pas été déçu.

Découverte donc de Planxty avec cet album "After the break" paru en 1979.

 

En plus de Donal Lunny, je découvrais des chanteurs extraordinaires comme Andy Irvine et Christy Moore ainsi que de terribles instrumentistes comme Liam O' Flynn (uilleann pipe) et Matt Molloy (flûte).

Musiciens qui n'allaient pas tarder à devenir des idoles au même titre que j'avais adoré Alan, Gabriel, Dan et René dans les années '70.

Au fil des années j'ai bien entendu essayé de me procurer le plus possible de disques de ces musiciens de Planxty tant c'était un plaisir pour moi de les écouter ensembles ou sur des albums solo.

 

Les albums de ma jeunesse (12) Planxty : After the break

Donal Lunny n'est pas seulement un virtuose du bouzouki, de la mandoline ou de la guitare c'est avant tout un arrangeur incroyable qui a innové et modernisé la manière d'accompagner les airs irlandais.

Importé en Irlande fin des années '60 par un autre musicien, Johnny Moynihan, le bouzouki grec (qui est à la base un instrument de soliste) a été transformé par les irlandais.

Dans la musique traditionnelle grecque le bouzouki qui a une caisse de résonance bombée  joue la mélodie de manière assez sonore. Les irlandais ont adapté un fond plat à l'instrument qui est dès lors moins sonore et sert d'avantage aux accompagnements.

Il y a eu aussi des modifications au niveau des cordes (4 x 2 cordes) qui font de ce bouzouki irlandais un instrument tout à fait original.

Bouzouki qui au même titre que la mandole ou le cistre sera de plus en plus prisé par les musiciens folk qui vont régulièrement l'utiliser (en complément de la guitare ou de la mandoline) pour jouer de la musique traditionnelle.

J'ai toujours préféré le son plus grave de l'uilleann pipe de Liam O' Flynn par exemple par rapport à celui que l'on entend chez les Chieftains qui est plus aigu.

Cela reste bien sûr un instrument particulier que je préfère écouter avec d'autres musiciens autour qui apportent leurs sonorités.

Venu du Bothy Band et avant de se faire engager chez les Chieftains, Matt Molloy a eu le temps, l'espace de deux albums, de faire apprécier ses incroyables talents de flûtiste à tout les amateurs de la musique de Planxty. Sa présence au sein du groupe a encore enrichi le panel de sonorités grâce à ses prouesses tant à la flûte traversière qu'aux whistles.

 

Les albums de ma jeunesse (12) Planxty : After the break

Comme je le disais plus haut, Planxty ce sont deux chanteurs au style très différent qui se partagent les titres du groupe.

Guitariste et joueur de bodhran, Christy Moore a une voix grave et une personnalité très dynamique. Il affectionne aussi les chansons engagées politiquement qu'il chante avec une grande énergie.

Multi-instrumentiste (mandoline, bouzouki, harmonica, vielle), Andy Irvine met d'avantage de variations dans sa voix. Parfois une manière de chanter plus rugueuse, parfois il chante avec une voix très douce, c'est assez particulier.

Il a aussi importé au sein du groupe sa passion pour la musique des Balkans. Et de temps à autre on entend au milieu des gigues et des reels irlandais des danses bulgares qui sont toujours très rythmées.

Il avait déjà fait cela sur le disque "Cold blow and the rainy night" avec la chanson "Baneasas green glade" qui se termine de façon endiablée.

Sur ce disque "After the break" ils ont remis le couvert avec "Smeceno Horo" qui est une autre danse bulgare.

Plus tard Andy continuera d'ailleurs encore dans cette voie avec l'album "East Wind" avec Davy Spillane et Bill Whealan puis dans les disques du groupe "Mosaic" en entraînant Donal Lunny dans le projet.

Ci-dessous une version live qui fait partie du disque "After the break". 

De nombreuses années plus tard je me suis procuré "After the break" en version cd et j'ai eu l'agréable surprise de voir qu'il y avait deux titres en plus par rapport à celle du vinyle.

"Lord McDonald/ The Chattering McPie qui est une suite instrumentale.

Et puis cette chanson "The bonny light horseman"  contre les guerres napoléoniennes.

Une chanson que j'adore et qui me fait aimer ce disque encore un peu plus.

Les albums de ma jeunesse (12) Planxty : After the break

Enfin pour terminer, ma chanson préférée par Christy Moore et la "poursuite du fermier Michael Hayes".

Quel rythme, quels accompagnements dans cette chanson, c'est d'une richesse incroyable.

La voix de Christy et les paroles pleines de rebondissements de d'humour y sont un véritable délice.

En plus le final à l'uilleann pipe est tout simplement magnifique.

Tout l'art de Planxty se trouve dans cette chanson.

Le groupe s'est séparé puis il y a eu des reformations mais ces musiciens sont et resteront pour moi au firmament de la musique irlandaise.

Il y a eu et il y aura encore d'autres groupes tout aussi talentueux mais Planxty aura toujours pour moi une place à part. 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 18:08
Lasairfhiona Ni Chonaola

J'ai ré-écouté il y a peu ce cd "An Raicin Alainn" que j'avais autrefois emprunté à la médiathèque.

J'avais envie de revenir sur cette chanteuse dont j'avais apprécié l'authenticité à l'époque.

Lasairfhiona Ni Chonaola est originaire des îles d'Aran au sud de Galway en Irlande.

Plus précisément d'Inis Oirr (Inisheer) qui est la plus petite des trois et peut-être la moins connue.

Las îles d'Aran ( à ne pas confondre avec l'île d'Arran en Ecosse) sont dans la baie de Galway.

Ce nom de lieu m'était d'ailleurs un peu familier, ayant eu la chance de visiter Inishmore (la plus grande des trois) lors de mon voyage en 1991. 

 

 

Lasairfhiona Ni Chonaola

Lasairfhiona a su chanter avant d'apprendre à parler.

Sa langue maternelle est le gaélique. 

Dans sa famille et son entourage nombreux étaient ceux qui pratiquaient le "sean nos".

Littéralement "vielle façon", "vieux style", le sean-nos est la plus ancienne manière de chanter en Irlande.

Le plus souvent à capela, le chanteur insérant des ornementations dans sa manière de prononcer.

 

Lasairfhiona Ni Chonaola

Après des études et un diplôme de celtique obtenu au Trinity College de Dublin elle a envie de se consacrer professionnellement au chant.

Elle se fait connaître en participant à des émissions radio et télévisées, aussi en faisant l'objet d'un documentaire de la RTE (télévision irlandaise) à propos de la chanson traditionnelle sur les îles d'Aran.

En 1998, elle participe à l'enregistrement d'un premier cd "Lights in the dark" produit par Hector Zazou. 

Disque de chansons sacrées irlandaises qui se classera dans les meilleurs albums de l'année '98.

C'est en 2002 que Lasairfhiona enregistre son premier cd " An Raicin Alainn".

 

 

 

Je connaissais cette chanson qui était autrefois chantée par Micheal O'Domhnaill du Bothy Band.

Pour réaliser ce disque Lasairfhiona a fait appel à quelques musiciens connus comme Maire Breatnach

( fiddle, viole et piano), Mary Bergin (whistles et low whistles), Johnny Mc Donagh (bodhran).

Et d'autres comme Pat Hargan (guitare), Paul Dooley (harpe) Alex Barcelona (piano) et à son frère MacDara O'Chonaola (chant).

Tous ces musiciens participent au disque mais ne jouent par sur tout les morceaux, Lasairfhiona chantant parfois presque à capela avec un ou deux instruments sur certains titres.

Ci-dessous une chanson en hommage à son île natale "Inisheer". Cette mélodie est jouée par de nombreux groupes en Irlande. 

J'aime beaucoup son timbre de voix qui est légèrement plus grave que les voix hauts perchées qui sont légion chez les chanteuses irlandaises.

Dans ce cd, Lasairfhiona a voulu faire coexister plusieurs styles de chansons. Certaines héritées de sa famille, jamais enregistrées auparavant. D'autres faisant partie de répertoire traditionnel.

D'autres enfin de sa propre composition avec certains textes écrits par Dara O'Conaola.

Ce premier cd sera considéré par Hot Press music magazine comme une des meilleurs disques folk de 2002.

Dans la foulée, Lasairfhiona se produira sur de nombreuses scènes en Irlande dont Town Hall Theatre à Galway et National Concert Hall de Dublin.

Egalement à l'étranger, au festival de jazz de Montreux ainsi bien sûr qu'à l'Inter-celtique de Lorient.

En 2003, Sinead O' Connor invite Lasairfhiona à chanter un titre avec elle dans l'enregistrement de son DVD.

 

Lasairfhiona Ni Chonaola

Grâce à cette notoriété, on va régulièrement retrouver des chansons de Lasairfhiona sur diverses compilations de musiques irlandaises (Femmes Celtes, Gaelic Ireland, The rough guide of Irish music,  The Aran lifeboat collection, Celtic dreamland...)

En 2005 elle enregistre son deuxième album "Flame of Wine" titre qui est en fait la traduction littérale de son prénom Lasairfhiona.

Un disque de nouveau enregistré avec Maire Breatnach et les musiciens de An Raicin Alainn. 

Un cd que je ne connais pas mais dont voici un extrait.

Lasairfhiona Ni Chonaola

Au fil des années, Lasairfhiona a continué à chanter mais c'est seulement en 2016 qu'elle a sorti son troisième opus.

Un disque que je n'ai pas encore mais qui contient cette fois d'avantage de titres en anglais mais aussi bien sûr de doux chants en gaélique, traditionnels ou de sa composition.

Avec toujours Maire Breatnach à la fois musicienne et productrice, le percussionniste Jimmy Higgins et la harpiste Grainne Hambly entre autre.

Un petit extrait également avec une des rares vidéos où on la voit en live.

 

Une dernière chanson de cette artiste qui a voulu conserver un style très traditionnel et qui reste volontairement discrète ce qui ne l'empêche pas d'avoir beaucoup de talent.

Elle a sans aucun doute sa place dans le vaste paysage de la scène irlandaise.

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  • : La musique celtique est ma Passion. Alan Stivell, Donal Lunny, Andy Irvine, Gilles Servat, Claude Besson, John Doyle, Christy Moore, Kevin Burke, Gabriel Yacoub, Tri Yann, Karan Casey, Tannahill Weavers, Dan Ar Braz, Ossian ,Silly Wizard,Capercaillie, Solas, Lunasa, Dervish, Altan, Old Blind Dogs,Fairport Convention, Clannad,The High Kings, Davy Spillane, Cormac Breatnach, John Mc Sherry, Michael Mc Goldrick, Tony MacManus, William Jackson, Phil Cunningham, Tim Edey, Steven Cooney, Liam O' Flynn, Julie Fowlis,Cécile Corbel, Gwenael Kerleo...
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