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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 19:53
Les albums de ma jeunesse (11) Diaouled Ar menez : Atav Ez Eomp

Les Diaouled Ar Menez (Les diables de la montagne) sont un groupe breton formé en 1971 à Carhaix.

Cette année-là, Philippe Le Balp (accordéon diatonique, bombarde), Jean-Yves le Corre ( accordéon) et Bruno (Yann) Le Manach (guitares acoustiques et électriques) décident de former un trio.

Influencés par le succès d'Alan Stivell qui est à l'origine (en France) du métissage entre rock et musiques traditionnelles,  ils décident de mélanger les sonorités d'instruments acoustiques à celles d'instruments électriques.

Ce groupe qui s'appelle d'abord "Avel Ar C'hwitell" (Le vent du sifflet) joue un répertoire de rock celtique.

Bientôt rejoints par les talabarders (sonneurs de bombarde) Yann Goasdoué et Michel Sohier ils accueillent ensuite le violoniste Melaine Favennec.

Le guitariste virtuoise Bernard Benoit démarre avec eux en tant que bassiste (!) puis il s'oriente vers une carrière solo et est remplacé par Tanguy Le Doré.

A partir de 1972 ils connaissent un grand succès dans les festou-noz.

Leur répertoire (principalement instrumental) est fait de danses bretonnes.

Le chanteur Youenn Gwernig les baptise alors les Diaouled Ar Menez et ce nom va leur rester.

 

Les albums de ma jeunesse (11) Diaouled Ar menez : Atav Ez Eomp

En 1972 ils enregistrent un premier 45 tours : Andro -Ton doubl qui remporte un certain succès.

Premier 33 tours en 1973 (Diaouled Ar Menez) qui sera l'une des meilleures ventes en musique bretonne.

Philippe le Strat (biniou kozh) et Yann-Fanch Ar Merdy (caisse claire) participent aussi à ce vinyle.

La pochette de ce disque a la particularité d'être écrite intégralement en Breton (la présentation de Pierre Denez, le nom des musiciens, le nom des instruments et bien sûr les titres des morceaux).

Huit titres dont certains chantés par Jean-Yves, Melaine ou Yann. 

Un autre disque suit en 1974 avec l'enregistrement de leur concert à Locmaria-Berrien.

Les albums de ma jeunesse (11) Diaouled Ar menez : Atav Ez Eomp

En 1977 ils enregistrent "Atav Ez Eomp" qui sera mon premier disque de ce groupe.

Attiré par la pochette qui les représentait sous forme de sentons j'avais envie de découvrir ce band de Bretagne. Au même titre que j'avais découvert quelques années plus tôt les Sonerien Du.

Je n'ai vraiment pas été déçu tant je trouvais ces musiques entraînantes.

Comme sur leur premier disque (que j'ai acheté plus tard) la pochette est entièrement en Breton.

"Fulup Ar Balp pour Philippe Le Balp; Gitar boud" pour guitare basse; "Gavotenn sonet gant akordeon diatonek" pour gavottes jouées à l'accordéon diatonique...etc des Bretons purs et durs.

 

 

 

Une des caractéristiques des Diaouled ce sont les deux bombardes qui se répondent ce qui est particulièrement agréable car j'ai toujours adoré cet instrument.

Dans ce disque on entend aussi deux accordéons et le violon aux accents très dansants.

De leur côté Philippe (guitare) et Tanguy (basse) marquent très bien le rythme pour la plus grande joie des danseurs.

 

Philippe Le Balp jouera aussi plus tard avec le guitariste Bernard Benoit sur l'album "Lutunn noz".

Tanguy Le Doré accompagnera aussi Bernard Benoit ainsi que la chanteuse Nolwenn Korbell. Il sera également membre du groupe La Mirlitantouille avec le violoniste Pierrick Lemou et du groupe Ménestra.

En 1998 il participe à Kerden (Cordes de Bretagne) un cd consacré aux grands guitaristes bretons.

Yann Goasdoué qui fit ses début au bagad de Perros Guirec jouera aussi avec Glenmor avant de devenir de 1982 à 1999 le directeur de la Coop Breizh spécialisée dans la diffusion de livres consacrés à la Bretagne et d'un grand nombre de disques d'artistes bretons et celtiques.

Melaine Favennec quant à lui poursuit une triple carrière depuis de longues années puisqu'en plus d'être resté membre des Diaouled, il est également chanteur, auteur et compositeur d'un répertoire très poétique.

Cette carrière interrompue par intermittence par celle du trio E.D.F. dans lequel il chante en compagnie de ses deux amis Gérard Delahaye et Patrick Ewen.

Les albums de ma jeunesse (11) Diaouled Ar menez : Atav Ez Eomp

Sur cette photo plus récente on reconnait Philippe Le Balp, Tanguy Le Doré, Yann Goasdoué, Melaine Favennec et Jean-Yves Le Corre accompagnés de deux nouveaux jeunes musiciens.

Depuis 1972, les Diaouled Ar Menez ont joué plus de 1.500 concerts et festou-noz.

Dans de petits villages comme à Spézet (ils y on régulièrement fêté leur anniversaire)  ou dans dans grands festivals (Kertalg devant 10.000 personnes) l'Interceltique de Lorient bien sûr mais aussi en Irlande à l'Olympia de Paris, nuit de la Saint Patrick à Bercy, festival des Vieilles Charrues etc...

Groupe à géométrie variable de nombreux musiciens en joué sur scène comme sur disque avec eux : Jean-Louis Le Vallégeant, les trois frères Molard, Patrick Sicard, François Tusques, Philippe De kermorvan, Gérard Delahaye, Soïg Siberil etc... 

En 1987 ils enregistrent Merc'h An Diaoul.

Leur dernier album en date est "Chauffe la Breizh paru en 1997.

S'ils ont peu enregistré en revanche ça ne les empêche pas de continuer à tourner dans toute la Bretagne pour le plus grand bonheur des amateurs de musiques et de danses...endiablées.

 

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 18:38
Les albums de ma jeunesse (10) : Ys "Madame La Frontière"

J'avais déjà présenté ce disque en novembre 2007 mais je ne pouvais pas ne pas le citer en tant qu'album qui a marqué ma jeunesse.

Je vais donc en reparler sans pour autant reproduire mon article précédent.

Paru en 1976 ce vinyle a énormément tourné sur mon premier pick-up avant que je ne reçoive ma première chaîne stéréo un an plus tard.

Pascal Stive, René Werneer,Michel Santangeli, Jacky Thomas (que j'ai baptisés plus tard "les idoles de ma jeunesse) avaient donc enregistré ce magnifique 33 tours.

Je les avais encore vus quelques mois plus tôt sur scène avec Stivell au Conservatoire de Liège.

Mais cette fois nos quatre compères avaient décider de quitter Alan pour continuer à surfer sur la vague du folk-rock celtique.

Accompagnés du guitariste Pierre Chereze et de quelques invités comme Gabriel Yacoub, Jacques Wiederker (violoncelle) et jacques Higelin (pour une fois à l'accordéon), ils avaient repris des traditionnels celtiques et fait quelques compositions.

Ce disque au niveau des sonorités était assez bien dans la lignée de Alan Stivell à Dublin" qu'ils avaient enregistré en 1975.

René Werneer (violon, cromorne, whistles, dulcimer) se chargeant des sons "acoustiques et les quatre autre membres (guitare électrique, basse, batterie et claviers) des sons "électriques". 

"Madame la frontière" chantée par René est une histoire sanglante originaire du pays vannetais. 

  

 

De formation classique, René Werneer s'était passionné très jeune pour toutes les formes d'art populaire et pour la musique en particulier.

Musicien classique également, Pascal Stive s'était également intéressé un moment aux musiques écossaises et irlandaises.

Venu du jazz, Jacky Thomas  s'est senti attiré par l'actualisation des musiques traditionnelles.

Enfin Michel Santangeli est un musicien venu du rock qui a été conquis par les chanteurs de fest-noz en Bretagne.

La volonté du groupe est à l'époque de promouvoir une musique authentiquement traditionnelle mais aussi actuelle.

Une musique bien dans le courant du folk revival démarré une quinzaine d'années plus tôt en Angleterre et aux Etats Unis.

Ci-dessous une photo de Pascal Stive et René Werneer en compagnie d'Alan.

 

Les albums de ma jeunesse (10) : Ys "Madame La Frontière"

Un deuxième extrait avec "Ag Arlane" qui est une danse bretonne, un Laridé.

Chantée par René et Jacky il s'agit d'une chanson qui prévient les jeunes de se méfier du mariage.

Un morceau bien rythmé où les cinq membres du groupe nous invitent à la danse.

Cette belle aventure musicale allait cependant être de courte durée.

Le groupe donnait pourtant l'impression de bien s'entendre. 

Je les avais vus en concert à Liège et ils avaient une grande complicité sur scène.

René avait cependant d'autres projets en tête puisqu'il décida de quitter Ys en 1977 pour former un autre groupe "L'Habit de plumes", également du progressive-folk mais cette fois plus orienté vers le répertoire français.

Il enregistra un second opus avec ce groupe en 1978 avant de consacrer à une autre création en 1981 avec un disque de musiques traditionnelles à deux violons.

Jacky, Pascal et Michel quant à eux formèrent avec Patrick Molard le groupe "Kéris" en 1977 qui suivait la même démarche que Ys mais d'avantage dans un style "Variétés".

Ce groupe allait cependant se séparer après un an.

Pascal Stive allait retourner vers les compositions et la Variété française.

Michel Santangeli allait accompagner Dan Ar Braz l'espace de trois albums avant de devenir le batteur attitré de jacques Higelin.

Jacky Thomas de son côté allait participer à d'autres expériences musicales dont, entre autre, la collaboration avec Gilles Servat et aussi le groupe breton Triskell.

Ci-dessous une autre photo de Pascal, Michel et René en compagnie de Dan Ar Braz et Alan Stivell.

 

Les albums de ma jeunesse (10) : Ys "Madame La Frontière"

Dernier extrait avec cette chanson à la fois mélodieuse et douce chantée par Pascal Stive.

J'y aime particulièrement le son des claviers mélangé au violon et au violoncelle. Un titre plein de douceur.

A noter qu'il s'agit d'une chanson traditionnelle. 

En espérant que ré-écouter ces anciens morceaux vous aura procuré autant de plaisir qu'à moi.

Et pour être complet, un lien vers mon ancien article de 2007 à propos de ce 33 tours qui aura vraiment marqué mon adolescence.

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 15:37
Les albums de ma jeunesse (7) Dan Ar Bras "Douar Nevez"

Né à Quimper en 1949, Daniel Le Bras (rebaptisé Dan Ar Bras par Alan Stivell) enregistre son premier album solo en 1977.

A l'époque Dan est déjà très connu comme guitariste en Bretagne. Bien sûr en tant que musicien d'Alan Stivell (de la fin des années '60 à 1977) mais aussi comme ex.membre du groupe Mor (groupe formé en 1972 après d'autres expériences précédentes dans des groupes rock-amateurs), comme ancien membre du Sonerien Du et comme ancien musicien du groupe anglais Fairport Convention.

Après avoir enregistré la même année avec Alan "Raok dilestra" (avant de débarquer) il décide de voler de ses propres ailes en composant ses propres musiques.

Passionné par les légendes de son pays il va illustrer dans ce disque l'histoire de la ville d'Ys dont on raconte qu'elle fut engloutie par l'océan dans la baie de Douarnenez.

Michel Santangeli (batterie), Marc Chantereau (percussions), Emmanuelle Parrenin (vielle), Dave Pegg (basse), Patrig Molard (cornemuses, flûtes) et Benoit Widemann (piano, claviers) l'accompagnent sur ce disque.

Agé de vingt ans à l'époque, j'étais très curieux de découvrir ce 33 tours.

Après Malicorne (1973), après le groupe Ys (1976) , c'était donc la troisième fois que j'allais plonger dans l'univers musical d'un ancien musicien d'Alan Stivell.

Je suis bien sûr rapidement tombé sous le charme de ce disque uniquement instrumental

Après une courte intro, on est directement plongé dans le rythme du premier titre "Retour de guerre" où démarrent déjà les premiers dialogues entre les claviers de Benoit Widdeman et la guitare électrique de Dan.

 

 

Changement de contexte avec le titre suivant "Naissance de Dadud".

Dahud était la fille de Gradlon roi de la ville d'Is.

C'est Dadud qui bien des années plus tard déroba dans une nuit de débauche la clé du portique qui retenait les eaux de la digue.

A cause de son imprudence l'océan s'introduisit dans la ville d'Is engloutissant tout sur son passage.

J'ai toujours apprécié la douceur de ce morceau avec les whistles jouées par Patrig Molard qui expriment bien le déchirement physique d'une naissance.

 

Les albums de ma jeunesse (7) Dan Ar Bras "Douar Nevez"

Et Dan de continuer dans les morceaux suivant à faire dialoguer ses guitares avec la cornemuse de Patrig et les claviers de Benoit.

C'est particulièrement remarquable dans le titre "Mort et immersion de Malguen- Fin du voyage".

"Naissance de la ville" est un titre tout en douceur avec la guitare acoustique et les claviers.

Dan "Morvac'h (Cheval de mer) Dan Ar Bras fait parler toute sa technique avec des notes et des accords qui rappellent le galop d'un cheval au bord de l'eau.

"Orgies nocturnes" est probablement le morceau qui m'a le plus marqué dans ce disque.

On y entend la vielle à roue d'Emmanuelle Parrenin mais aussi et surtout la guitare électrique de Dan.

Un morceau au rythme bien marqué par la batterie de Michel Santangeli et la basse de Dave Pegg.  

Dan a ré-enregistré ce titre en 2003 sur le cd "A toi et ceux" (auquel participe Jean-Jacques Goldman) ainsi qu' en 2015 avec Jean-Félix Lalane pour un des spectacles "Autour de la guitare celtique".

De mon côté j'ai toujours pensé que ce titre aurait très bien convenu au répertoire de l'Héritage des Celtes lorsque Dan mêlait le son de ses guitares aux bombardes et cornemuses du Bagad Kemper mais ce ne fut hélas pas le cas.  

Les albums de ma jeunesse (7) Dan Ar Bras "Douar Nevez"

Dans les années '80 Dan Ar Bras est devenu Dan Ar Braz avec un "z" car à l'époque il jouait assez régulièrement en Angleterre et aux U.S.A. 

Et il avait remarqué que les anglo-saxons ne prononçaient pas le "s" de son patronyme, d'où le changement d'orthographe.

Tout récemment Dan vient de rééditer ce disque dans une version remastérisée plus de quarante ans après.

Un dernier extrait avec un autre titre que j'ai toujours beaucoup aimé "L'appel du sage".

Un morceau au départ envoûtant avec les magnifiques notes d'uilleann pipe de Patrig Molard puis qui va aller en s'accélérant laissant libre cours aux distorsions de Dan, aux percus de Marc Chantereau et aux claviers de Benoit Widemann.

Un titre vraiment exceptionnel de créativité.

Merci Daniel Le Bras pour ce premier opus toujours si présent en moi 42 ans plus tard. 

 

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 21:00
Les albums de ma jeunesse (6) Gwendal : Joe Cant's Reel

Ce doit être en 1977 que j'ai découvert ce groupe au travers de cet album paru en 1975 qui était déjà leur second opus.

Par rapport aux groupes bretons que je connaissais déjà Gwendal était assez différent.

En fait, d'une part on avait affaire d'avantage à de la musique irlandaise que de la musique bretonne, d'autre part leur interprétation était très originale.

Musique uniquement instrumentale, très fortement influencée par le jazz et dans une moindre mesure par le rock et même le classique.

J'avoue avoir été assez dérouté au début mais pas longtemps car cette conception complètement différente par rapport aux Stivell, Malicorne, Tri Yann, An Triskell... m'a très vite enthousiasmé. 

Les deux solistes (Youenn Le Berre à la flûte et Bruno Barre au violon) étaient tellement brillants que je suis très vite devenu un inconditionnel de ce groupe. 

Derrière eux, une très bonne rythmique assurée par Jean-Marie Renard à la guitare, Roger Schaub à la basse et Patrice Grupallo à la mandoline.

 

 

Il y a bien entendu aussi des airs bretons dans leur répertoire tout comme une série de compositions inspirées ou non par des musiques celtiques.

Malgré leur virtuosité leur succès ne fut que mitigé en Bretagne.

D'aucun leur reprochant soit d'habiter Paris (même si plusieurs membres sont Bretons), soit de ne pas jouer de façon assez traditionnelle, soit de jouer surtout de la musique irlandaise.

Cela étant un peu ridicule car leur façon d'interpréter la musique irlandaise était aussi très différente de ce que font les bands irlandais.

C'est plutôt en Espagne que le groupe à connu au départ d'avantage de reconnaissance. 

Et c'est dans ce pays qu'ils donneront d'avantage de concerts.

Les albums de ma jeunesse (6) Gwendal : Joe Cant's Reel

La musique de Gwendal est très imaginative et laisse une grande place aux improvisations.

Virtuose de la flûte traversière, Youenn Le Berre excelle également aux whistles, à la bombarde, à la cornemuse et au saxophone.

Ayant toujours été attiré par les flûtes, j'étais en admiration en écoutant toutes ses variations et ses arrangements.

Munie de clés, la flûte traversière en métal peut se jouer sur trois octaves ce qui lui donne d'avantage de possibilités musicales que la flûte traversière en bois (deux octaves) d'habitude utilisée dans les formations folk.

Le son est bien sûr lui aussi différent et fait que la musique de Gwendal est très reconnaissable. 

Bruno Barre joue aussi un peu de psaltérion mais est avant tout un très grand violoniste.

Il s'agit bien ici de violon (et non pas de fiddle très différent dans la manière de jouer), un violon classique qu'il fait vibrer dans un très large registre.

Tout à fait capable de passer du classique au jazz puis au folk dans un même morceau. 

Du grand art pour ce très grand musicien.

 

C'est en 1972 que le guitariste Jean-Marie-Renard (qui deviendra plus tard leur manager) décide de former Gwendal en compagnie de son ami Youenn Le Berre.

Originaire de Brest, Youenn Le Berre est de formation classique (premier prix de conservatoire).

Jean-Marie et Youenn vivent à l'époque à Paris.

Ils y recrutent donc d'autres musiciens aux influences diverses (jazz, rock, folk, classique) qui ont tous en commun un intérêt pour la musique celtique.

Roger Schaub (Breton lui aussi) , Patrice Grupallo et Bruno Barre vont tous amener leurs innovations dans Gwendal.

Participant aux arrangements et aux compositions à la fois riches et diversifiées.

C'est le cas dans la composition ci-dessous "Douze degrés" un morceau qui laisse la part belle aux improvisations.

Les albums de ma jeunesse (6) Gwendal : Joe Cant's Reel

Tombé sous le charme j'ai bien entendu voulu acheter tout les vinyles de ce groupe dont la formation a beaucoup évolué au fil des années.

Entre 1974 et 1981 ils ont enregistré cinq disques et durant cette période le groupe avait peu changé si ce n'est l'ajout d'un batteur (Arnaud Rogers) et les guitares électiques de Ricky Caust puis de François Ovide après le départ de Jean-Marie Renard.

Après 1981 commence une nouvelle époque dans laquelle il y aura de nombreuses allées et venues de musiciens ( Michel Valy, Paul Faure, Olivier Pédron, Patrice Guillaumat, Marc Hazon...)

Cette période est marquée en 1983 par l'arrivée (d'abord comme bassiste) de Robert le Gall.

Grand musicien et arrangeur, Robert fera évoluer la musique de Gwendal.

Il remplace ensuite Bruno Barre au violon et tient également le rôle de guitariste.

Robert (également de Brest) devient le deuxième leader du groupe aux côtés de Youenn.

Ce sont eux qui se chargent de la plupart des compositions.

Avec Gwendal Robert enregistrera quatre cd entre 1983 et 1995 avant de rejoindre (entre autres) le groupe d'Alan Stivell.

"War-Raog" sorti en 2005 marque le début de la troisième époque de Gwendal.

Youenn est le seul "rescapé" de formation des années '70.

Ludo Mesnil (guitares), Vincent Leutreau (violon), David Rusaouen (batterie), Pascal Sarton (basse), Jérôme Guegen (claviers) sont les nouveaux musiciens.

Après ce disque, Gwendal alternera les pauses et les tournées en France et en Espagne mais n'enregistrera plus de disque durant de nombreuses années.

Ce n'est qu'en 2016 qu'ils sortent un nouvel album qui est en fait un live enregistré lors de leur concert à Getxo (Pays Basque).

Mais tout cela c'est une autre histoire...

Pour terminer, un dernier extrait de ce disque qui avait marqué ma jeunesse avec un morceau qui fait un peu penser à la de la musique classique.

Bonne écoute.

 

  

 

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 18:09
Les albums de ma jeunesse (5) : Sonerien Du "Feunteun an aod"

En 1977, un collègue m'avait prêté un  vinyle de ce groupe intitulé "Bal Breton n°3" un disque auquel participaient aussi Dan Ar Braz (guitare électrique) et Michel Santangeli (batterie).

Je l'avais aussitôt enregistré sur une cassette audio et avais bien aimé cette musique qui était très dansante avec des titres comme "Belle jardinière du roi".

En vacances en Bretagne en 1983 j'avais trouvé chez un disquaire de Lorient ce 33 tours Feunteun an Aod" paru en 1980. 

C'est à partir de ce moment que j'ai vraiment apprécié les Sonerien Du.

Le kan ha diskan (technique de chant à répondre) d'une part et l'utilisation des bombardes et veuzes (cornemuse) sont les choses qui me plaisaient le plus dans ce groupe.

J'étais vraiment sous le charme de leurs musiques à danser très rythmées et de leurs chansons aux paroles simples mais entraînantes.

Dans ce disque :

Yann Goas est aux bombardes, au cromorne, à la veuze et aux whistles.

Gilles Roland joue des accordéons et du biniou kozh.

Hervé Kerneis joue de violon et de la guitare.

Raymond Riou chante et joue de la guitare acoustique.

Jean-Pierre Le Cam est au chant et à la guitare basse.

De l'an dro au laridé en passant par le rond de St-Vincent, la dans plinn ou l'hanter dro les Sonerien Du se promènent dans tout les styles avec le même bonheur.

Entraînés par la vague du folk revival des années '70 ces groupes de fest-noz sont alors de plus en plus appréciés en Bretagne. 

Et ce sentiment est partagé car on sent vraiment que les Sonerien Du prennent du plaisir à faire danser les gens.

Ci-dessous une chanson "Petite chambrière"extraite de ce disque qui est un laridé composé par Jean-Pierre le Cam (ici une version de 2013).

Les albums de ma jeunesse (5) : Sonerien Du "Feunteun an aod"

Des chansons à danser mais pas que...

En 1980 toute une population dans le Finistère va manifester et s'opposer à l'installation d'une centrale nucléaire à Plogoff juste à côté de la Pointe du Raz et de la Pointe du Van.

Six semaines de luttes contre l'armée et la police menées par des femmes, des enfants, des pêcheurs et des paysans pour préserver leur terre.

Un combat finalement victorieux que Nicole et Félix Le Garrec décidèrent d'illustrer dans un film documentaire intitulé "Des pierres contre des fusils" en 1980.

Le quatrième morceau du disque "Feunteun an aod- Ton bale Plogo" composé par Yann Goas et Hervé Kerneis est tiré de la bande sonore de ce film.

D'autres artistes bretons enregistrèrent également pour manifester leur soutien à cette lutte écologique.

C'est le cas des Tri Yann avec leur disque "An heol a zo glaz" (Le soleil est noir), d'Alan Stivell avec sa chanson "Beg ar Van" , Dan Ar Braz et sa chanson "Public inquiry" ou encore de Gilles Servat qui y fait allusion dans son titre "je ne hurlerai pas avec les loups".  

Par la suite, le groupe a continuer de faire des tournées, en Bretagne, en France, en Europe et même aussi en Chine !

Formé en 1972, les "Du" ont donc fêté leurs 47 ans en 2019 avec la sortie d'un nouveau cd "Kalon" qui est leur 26 ème album.

Je ne les ai bien sûr pas tous mais quand même une bonne partie.

Dans les disques qui m'ont marqué figurent les albums "Seizh", "Roue Marc'h", "Ten Years" et encore plus "Amzer Glaz" avec l'apport des claviers d'Eric Dureau.

Mais je garderai toujours une préférence pour ce 33 tours "Feunteun An Aod" et ses chansons comme "L'artilleur", "L'oiseau noir", "La gerbe" ou "Que dit-on de l'amour".

Tout ce disque est uniformément beau. 

 

Une petite dernière pour la route.

Sur You Tube, on ne trouve pratiquement pas de vidéos des Sonerien Du dans les années '70 et '80 j'ai donc du prendre des versions plus récentes sur scène.

A noter que les musiciens du groupe ont beaucoup changé au fil des années. De l'équipe de 1980 ne subsiste que le bassiste Jean-Pierre le Cam (qui tira sa révérence en 2013).

Les orchestrations ont aussi évolué avec d'avantage de claviers, de batterie et de guitares électriques mais l'esprit des "Du" est toujours bien là.

Alors, s'ils se produisent près de chez vous...

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 14:20
Les albums de ma jeunesse (4) : An Triskell "Kroaz Hent"

De retour de vacances à Perros-Guirec un ami m'avait ramené ce 33 tours en 1977.

C'est ainsi que j'ai découvert ce groupe An Triskell (devenu plus tard Triskell) dont les deux membres fondateurs jouaient de la harpe celtique. 

Je  connaissais l'instrument depuis Alan Stivell en 1972.

C'était cette fois curieux d'écouter jouer en même temps les deux frères jumeaux Pol et Hervé Quéfféléant l'un sur une harpe aux cordes métalliques, l'autre sur une harpe aux cordes en nylon.

Les deux frères avaient commencé à jouer du folk en amateurs dès l'âge de 12 ans. Pour ensuite se produire en trio à l'âge de 15 ans avec leur ami Alan Morizur (violon, whistle, flûte, mandoline).

En 1970 ils prennent le nom d'An Triskell (symbole breton qui représente l'eau, la terre et le feu).

 

Les albums de ma jeunesse (4) : An Triskell "Kroaz Hent"

Paru en 1976 "Kroaz Hent" (la croisée des chemins) est déjà leur quatrième album.

Ce disque, c'est d'abord cette magnifique pochette illustrée par le dessin très coloré de Michael Haskoet.

En 1976 les Triskell sont au nombre de cinq puisque Jean-Louis Nouvel (claviers) et Patrick Lehoux (violoncelle) sont venus rejoindre le groupe.

Profondément enracinés dans les traditions musicales bretonnes et celtiques, les musiciens du groupe ont cette fois voulu interpréter leurs propres compositions. 

Celle-ci est des deux frères Quéfféléant et de Patrick Lehoux.

 

Même s'ils se sentent partie prenante dans le mouvement de quête de l'identité bretonne en vogue dans les années '70 les Triskell cherchent avant tout la musicalité.

Je trouve leurs musiques mélodieuses et raffinées avec des arrangements très équilibrés.

Il s'agit principalement de mélodies douces et envoûtantes qui conduisent le plus souvent à la rêverie.

Les albums de ma jeunesse (4) : An Triskell "Kroaz Hent"

En plus de la harpe celtique Pol et Hervé Quefféléant jouent aussi de la guitare et des whistles.

Durant leur carrière ils vont collaborer avec divers musiciens dont René Abjean (spécialiste des polyphonies) qui signera divers arrangements de disque en disque.

Outre les claviers ils introduiront également d'autres instruments dans leur musique comme la basse, la guitare électrique ou la batterie.

La discographie du groupe est forte d'une quinzaine de titres, le dernier (Telenn Vor) étant sorti en 2003.

En plus de cela, diverses collaborations musicales dont cet Oratorio celtique de René Abjean "War varc'h d'ar mor" en collaboration avec l'ensemble choral du Bout du Monde et ce magnifique disque enregistré avec Gilles Servat : l'Albatros fou.

Tout au long de leur carrière, Hervé et Pol Quefféléant ont également composé des musiques de films, des génériques et des spectacles musicaux.

Plus insolite, sur leurs disques on découvre de temps à autre une chanson en japonais.

En effet leur beau-frère Alain Kerven est professeur de japonais et leur avait fait découvrir certaines similitudes en la musique du Japon et la musique celtique.

Autre aspect familial Pol et Hervé sont les cousins du guitariste breton Yann Quéfféléant tandis qu'un autre guitariste Ewen Quéfféléant n'est autre que le fils d'Hervé.

La tradition musicale ne risque donc pas de s'arrêter dans cette famille.

Les albums de ma jeunesse (4) : An Triskell "Kroaz Hent"

La photo ci-dessus évoque leur récente série de concerts intitulée "De la musique celtique à la musique sacrée". De nouveaux spectacles plus intimistes pour le plus grand plaisir de leurs auditeurs.

Ci dessous une dernier extrait de cet "album de ma jeunesse" qui m'avait donné l'envie d'en acheter de nombreux autres... ce groupe restant un des mes incontournables.

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 15:56
Pierre du Québec m'a écrit (Claude Besson)

Dernier hommage à Claude Besson à travers le témoignage de son ami Pierre du Québec.

Claude nous a quitté le 23 mars dernier et j'avais publié un article pour évoquer cela ainsi que la mort de Yann-Fanch Kemener décédé une semaine plus tôt.

 

A ma grande surprise, le 25 mai, j'ai reçu un mail de monsieur Pierre Girouard.

Suite au décès de Claude il avait cherché d'autres infos sur le Net et avait découvert mon blog.

Pierre Girouard est bien le Pierre du Québec de la chanson !

En 1977 il avait découvert Claude Besson et lui avait écrit pour se procurer ses deux premiers albums.

C'est à partir de ce moment que Claude et Pierre avaient démarré leur correspondance et leur amitié.

Après trois années d'échanges épistolaires, Claude compose cette magnifique chanson et enregistre son troisième vinyle.

En juillet 1980 Pierre est tout étonné lorsque Claude lui envoi le 33 tours avec "Mon ami Pierre du Québec".

Ce disque est pour lui un incroyable cadeau.

En 1981 il rend visite à Claude dans sa maison à Kérouze.

Puis en 1982 et en 1983 Claude à son tour vient chanter au Québec (plusieurs spectacles organisés par Pierre).

Depuis ils ne s'étaient plus revu mais avaient continué à correspondre.

Ayant appris la triste nouvelle le 23 mars, Pierre Girouard et sa compagne ont absolument voulu venir en Bretagne pour assister à la cérémonie. 

Après un voyage stressant ils arrivèrent à temps et devant les 550 personnes présentes ce jour-là Pierre (à la demande Françoise l'épouse de Claude)  a lu quelques lettres de sa correspondance avec Claude Besson.

Françoise a également raconté à l'assemblée que la toute dernière fois que Claude avait chanté à la maison c'était cette chanson.

C'est dire l'importance qu'elle avait aux yeux de Claude.

Depuis toujours (et même si j'ai à peu près tout les disques de Claude Besson) cette chanson est resté ma préférée également. 

Pierre du Québec m'a écrit (Claude Besson)

Ci dessus Pierre Girouard en compagnie de son épouse et du chanteur irlandais Andy Irvine (dont il est un grand admirateur).

Pierre du Québec m'a écrit (Claude Besson)

Une photo de Claude peut-être en train d'écrire à Pierre ?

 

Pierre du Québec m'a écrit (Claude Besson)

Françoise Bihannic et Claude.

MON AMI PIERRE DU QUEBEC

Mon ami Pierre du Québec
Je ne te connais pas
Mais j'ai dans ma bibliothèque
Tant de lettres de toi

Que s'il fallait que je raconte ton visage
Crois-moi je n'aurais pas bien honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre, que tu m'écris.

Si ton pays n'en est pas un
Il n'en existe aucun
A le chanter son doux parfum
Chatouille tant mes reins
Que s'il fallait que je raconte ses rivages
Le Saint Laurent n'aurait pas honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre, que tu m'écris

Parfois mon pigeon voyageur
Ne joue pas au facteur
Et mon ami Pierre se meurt
Le temps de quelques fleurs
Mais c'est une amitié si forte et sans ombrage
Que très souvent le vent me porte son image.
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre, que tu m'écris.

Etre une outarde ou un dauphin
Qu'importe le moyen
Un jour, je prendrai le chemin
Partagerai ton pain,
Et " l'Ile aux Coudres " et "les Sorel"et les "Erables"
On en fera des aquarelles incomparables.
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre, que tu m'écris.

Celui qui a fait la chanson
Il est bien loin de toi
Il est dans le pays Breton
Entre océans et bois
Et si tu quittes un jour ta rue " AdélaÏde "
Viens je te dirai les talus couverts de rides
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre, Que tu m'écris.

Grand merci à Pierre du Québec de m'avoir contacté et pour son beau témoignage.

Comme l'a dit quelqu'un de sa famille : Claude est mort, vive Besson !

Merci encore à toi Claude, merci pour tout.

Pierre du Québec m'a écrit (Claude Besson)

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 14:58
Les albums de ma jeunesse (3) : Tri Yann "La découverte ou l'ignorance"

Après Stivell et Malicorne, Tri Yann est le troisième groupe folk que j'ai découvert en 1976 à travers ce 33 tours.

"La découverte ou l'ignorance" est déjà le quatrième album des "Trois Jean de Nantes" un groupe formé en 1969.

En Belgique il n'était pas toujours évident à l'époque de se procurer de la musique bretonne. Il y avait bien eu Stivell en 1972 et 1973 mais pour le reste ce n'était pas toujours bien distribué dans nos lointaines provinces.

Par la suite j'ai bien entendu pu trouver les trois premiers vinyles des Tri Yann mais au départ, c'est avec ce disque que je suis devenu fan.

En 1971, Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau sont rejoints par le violoniste et contrebassiste Bernard Baudriller.

Après une série de concerts le groupe se professionnalise et enregistre son premier 33 tours "Tri Yann an Naoned" en 1972.  

Ce disque enregistré chez Kelenn remportera un certain succès et leur donnera l'envie d'enchaîner en 1973 avec "Dix ans, dix filles" et "Suite Gallaise" en 1974.

Avec "La découverte ou l'ignorance" le groupe franchit une étape en présentant un projet plus ambitieux.

L'intérieur de la pochette est très abondamment illustré. Avec une série de références historiques et d'explications pour chaque chanson.

Jean-Louis (chant, bombarde, whistle, dulcimer, psaltérion) , Jean (chant, guitares, banjo, accordéon, mandoline) , Jean-Paul (chant, guitare acoustique, percussions) ainsi que Bernard (également chanteur et flûtiste) sont à présent des musiciens accomplis.

Leurs qualités vocales naturelles leur permettent d'élever le niveau polyphonique de leurs interprétations. De même les arrangements musicaux deviennent plus sophistiqués dans ce microsillon.  

Ci-dessous un instrumental irlandais composé par Turlough O' Carolan au XVIIème siècle.

Pour moi la découverte des Tri Yann était d'une part cette écoute de voix magnifiques (j'ai toujours pensé par exemple que Jean-Paul Corbineau aurait pu faire une carrière de chanteur solo tant sa voix est agréable à écouter) et d'autre part cette rencontre avec des instruments étranges comme le psaltérion à archet ou le clavecin qui venaient s'ajouter aux bombardes, cromornes, dulcimers déjà entendus chez Stivell et Malicorne).

Dans ce disque, une série de chansons traditionnelles qui donnent envie de chanter.

Une photo du groupe à ses débuts

Une photo du groupe à ses débuts

Jean-Louis Jossic qui est un peu le moteur du groupe avait fait des études en Histoire.

C'est à partir de ce disque qu'il vraiment a voulu situer les chansons dans leur contexte historique. Les informations figurant sur les pochettes rendent ces chants plus intéressants encore.

C'est le cas de titres comme "La levée des 300.000 hommes" , "Princes qu'en mains tenez" ou "Le grand valet".

Puis il y bien sûr ce récitatif sur la prise de conscience de l'identité bretonne.

"La découverte ou l'ignorance" est extraite d'un texte de Morvan Lebesque de 1970. 

Le breton est-il ma langue maternelle?
Non! Je suis né à Nantes où on n'le parle pas.
Suis-je même breton?... Vraiment, je le crois...
Mais de pur race!... Qu'en sais-je et qu'importe?
Séparatiste? Autonomiste? Régionaliste?
Oui et non... Différent...
Mais alors, vous n'comprenez plus:
Qu'app'lons-nous être breton,
Et d'abord, pourquoi l'être?
Français d'état civil, je suis nommé français,
J'assume à chaque instant ma situation de français.
Mon appartenance à la Bretagne
N'est en revanche qu'une qualité facultative
Que je peux parfaitement renier ou méconnaître...
Je l'ai d'ailleurs fait...
J'ai longtemps ignoré que j'étais breton...
Français sans problème,
Il me faut donc vivre la Bretagne en surplus
Et pour mieux dire en conscience...
Si je perds cette conscience,
La Bretagne cesse d'être en moi.
Si tous les bretons la perdent,
Elle cesse absolument d'être...
La Bretagne n'a pas de papiers,
Elle n'existe que si à chaque génération
Des hommes se reconnaissent bretons...
A cette heure, des enfants naissent en Bretagne...
Seront-ils bretons? Nul ne le sait...
A chacun, l'âge venu, la découverte... ou l'ignorance!

Un autre aspect des Tri Yann est bien entendu son côté festif.

Ils aiment d'ailleurs se définir comme un groupe de scène.

La manière dont ils démarrent leurs concerts entièrement costumés avec des accoutrements souvent très farfelus est à la fois originale et unique car ils sont les seuls à faire cela.

Par son côté extraverti Jean-Louis Jossic est bien entendu le meneur du groupe, une véritable pile électrique sur scène qui ajoute une touche d'humour aux prestations des Tri Yann.

Leurs concerts sont depuis de nombreuses années des spectacles hauts en couleurs où les décibels et la rythmique tiennent une place importante musicalement.

"La jument de Michao" fait partie de cet album de 1976 et illustre parfaitement cet aspect.

Ce titre qui allait au fil des années devenir leur plus grand succès représente l'échange le plus significatif entre le groupe et son public toujours prêt à entonner à tue-tête: J'entends le loup, le renard et la belette...".  

Les albums de ma jeunesse (3) : Tri Yann "La découverte ou l'ignorance"

Cette année les Tri Yann ont cinquante ans de carrière.

La tourné des 50 ans a déjà démarré dans toute la France et se terminera à Nantes en mars 2020.

Il ont décidé de se retirer de la la scène et de prendre un peu de recul.

Comme indiqué sur leur site officiel cela ne signifie pourtant pas l'arrêt définitif du groupe.

Il ne s'agira pas de tournée d'adieux mais de concert "Kenavo" (au revoir) où les Tri Yann iront à la rencontre de leur public pour les remercier.

Un  nouveau cd sort en 2019 et le groupe compte bien encore enregistrer en 2020.

Pour le plus grand bonheur de tous.

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 20:10
Mois noir

Il y a des articles qu'on préférerait ne pas devoir écrire...

Mars 2019 restera définitivement un mois noir pour les amateurs de chanson bretonne.

Le 16/03 Yann-Fanch Kemener s'est éteint à l'âge de 61 ans après avoir lutté contre la cancer.

Le 23/03 Claude Besson s'est éteint à l'âge de 71 ans après avoir lutté contre le cancer.

Deux fameuses pertes pour la musique bretonne

Mois noir
Mois noir

Deux chanteurs aux styles très différents.

Deux chanteurs en marge de l'engouement pour les musiques bretonnes et celtiques qui  fait de temps à autre une percée dans les médias.

Même si Yann-Fanch a été membre du groupe Barzaz et a participé à l'aventure de l'Héritage des Celtes de Dan Ar Braz dans les années '90, même si Claude a profité de la vague folk-song des années '70 avec ses premières chansons et ses disques instrumentaux au dulcimer.

Deux artistes qui n'ont pas arrêté d'explorer et d'approfondir leurs domaines de prédilections respectifs : le chant breton pour Yann-Fanch et la chanson française poétique pour Claude.

Mois noir

Ayant déjà consacré plusieurs articles à Yann-Fanch je ne vais pas retracer ici sa biographie ou donner des explications par rapport à son style musical.

La queste musicale de Yann-Fanch Kemener avait quelque chose de très minutieux et était guidée par une grande passion pour la tradition.

Durant toute sa carrière il n'a pas hésité à rechercher de nouvelles sonorités pour habiller sa voix si particulière ( s'entourant toujours d'excellents musiciens).

J'avais juste envie d'évoquer la chance qui m'a été donnée de le rencontrer en avril 2018.

Au lendemain d'un concert à Bouillon (sud e la Belgique) il m'a accordé une interview pour ce blog.

Hébergé chez les organisateurs du concert qui sont voisins de mes amis, il avait accepté de me recevoir durant une heure pour parler de son travail de chanteur et de collecteur , de son amour pour la  tradition en Bretagne et de ses projets.

S'il m'est arrivé à l'un ou l'autre moment de pouvoir discuter avec un artiste après un concert, c'est la première fois que quelqu'un m'accordait autant de temps.

J'ai particulièrement apprécié sa disponibilité, son érudition ainsi que son humour ce jour-là.

Merci beaucoup Yann-Fanch !

Ci-dessous une vidéo de sa collaboration avec le grand pianiste breton Didier Squiban. Un air chanté sur un rythme d'hanter-dro.

 

Mois noir

Claude Besson, je lui ai consacré une petite dizaine d'articles sur ce blog.

J'avais pris contact avec lui fin 2006 pour lui commander ses disques.

Mais je l'avais découvert en 1983 en achetant un premier 33 tours.

Dans un de mes premiers posts, je raconte comment j'avais été interpellé par sa chanson "Kenavo prison Paris" et ces mots "kenavo périphérique"(au revoir...) qui me rappelaient comment j'avais été pris dans ces maudits embouteillages parisiens.

Bien plus tard, nous en avions ri avec Claude en échangeant par mail.

La parution d'un nouveau cd était toujours l'occasion pour moi de le commander de publier un nouvel article.

C'était très agréable d'échanger quelques mots par mail avec celui que j'avais surnommé mon ami Claude de Bretagne (en référence à une de ses chansons).

Virtuose du dulcimer, du psaltérion et très bon guitariste, Claude était avant tout un poète que d'aucuns avaient baptisé le Brassens de Bretagne.

Claude était d'ailleurs un admirateur du grand Georges et la comparaison n'était pas surfaite.

Ci-dessous une de mes chansons préférées "La bienvenue, la malvenue".

Vos cd et vos vidéos seront à présent les seuls reflets de vos si beaux répertoires.

Kenavo Yann-Fanch,

kenavo Claude

ha trugarez braz !

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 14:35
Outside Duo

Outside Duo formé par le violoniste Antoine Solmiac et le guitariste Julien Grignon.

J'ai découvert ces artistes de façon indirecte tout d'abord parce que les deux furent musiciens accompagnateurs du chanteur breton Gérard Jaffrès. Puis qu'il firent ensuite partie du groupe du guitariste Julien Jaffrès (le fils de Gérard) durant plusieurs années.

Seconde découverte indirecte avec le cd "Celtic Fantasy" paru en 2015. 

Antoine, Julien plus Simon et Kevin Mc Donnell réunis pour un disque regroupant des chansons populaires (Dirty old town, Santiano, Les lacs du Connemara...) sous un habillage celtique.

C'est il y a peu de temps que je les ai "trouvés" en tant que "Outside Duo " en cherchant des vidéos de Dan Ar Braz (avec lequel ils ont joué).

Découvrant ainsi ce duo formé en 2006 et déjà très routinier de la scène bretonne et de la scène internationale.

Julien Grignon et Antoine Solmiac seront dans les tout prochains jours au Festival Interceltique de Lorient pour présenter une nouvelle version de leur spectacle SYAJ.

Cette fois accompagnés par le guitariste rock Pat O'May, par les percussionnistes du Bagad Kemper et par le quatuor à cordes du F.I.L.

 

 

Outside Duo

Originaire du Finistère, Antoine Solmiac étudie le violon à partir de l'âge de six ans.

Plus tard il apprendra également la guitare et la batterie.

A l'âge de 10 ans il rencontre Julien Grignon durant un spectacle et cette rencontre sera le début d'une longue amitié musicale.

Né à Pont-l'Abbé en 1986, Julien Grignon se mettra au solfège dès le plus jeune âge. Il apprend ensuite le violon, la batterie, le piano puis se mettra ensuite à la guitare qui va devenir son instrument de prédilection.

C'est au sein de plusieurs groupes (dont les Jaffrès père et fils) qu'ils vont perfectionner leur développement musical.

Prenant beaucoup de plaisir à jouer en extérieur et dans la rue c'est là que leur vient le concept de Outside Duo qu'ils vont articuler autour d'un répertoire qui s'étend de la chanson française aux traditionnels irlandais en passant par le jazz et le rock. Répertoire qui accueille  également leurs propres compositions.

Le producteur Alain Vaguelsy les remarque en 2011 et leur propose de réaliser un spectacle.

Celui-ci sera mis en scène par Laurent Vercambre membre du groupe le Quatuor et ancien musicien de Malicorne.

Cette collaboration avec Laurent (qui fait pareil avec son groupe) développe en eux l'idée de mêler l'humour à l'interprétation de leur musique.

Ce qui va donner une dimension supplémentaire à leurs prestations sur scène.

 

En 2011 ils enregistrent leur premier cd "Routes".

Puis ils créent un second spectacle le "Celtic two men show".

En 2013 il sortent leur deuxième album "Just playing" qui recevra en 2014 le grand prix du disque du Télégramme.

Dans ce disque des instrumentaux mais aussi des chansons écrites par Thomas Le Talour, par Gérard Jaffrès et par Jean-Pierre Riou (guitariste du groupe Red Cardell).

En 2015 parait un cd-dvd "Live" restituant toute l'énergie de ce duo de virtuoses.

Comment en effet qualifier autrement ces deux musiciens qui passent avec autant de brio d'un instrument à l'autre. Qui sont à l'aise dans tous les styles musicaux, qui ont de très jolies voix et qui proposent un show très bien réglé émaillé de scènes humoristiques.

Après les tournées d'été, Outside Duo se consacrera à la préparation d'un troisième album studio.

 

Donc si vous avez la chance d'être en Bretagne le mercredi 8 Août prochain ne manquez pas la nouvelle version de leur spectacle "SYAJ" avec leurs musiciens invités sur la grande scène de l'Espace Marine à l'Interceltique de Lorient.

Un grand moment musical en perspective.

Outside Duo

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  • : Musique Celtique : ma Passion
  • : La musique celtique est ma Passion. Alan Stivell, Donal Lunny, Andy Irvine, Gilles Servat, Claude Besson, John Doyle, Christy Moore, Kevin Burke, Gabriel Yacoub, Tri Yann, Karan Casey, Tannahill Weavers, Dan Ar Braz, Ossian ,Silly Wizard,Capercaillie, Solas, Lunasa, Dervish, Altan, Old Blind Dogs,Fairport Convention, Clannad,The High Kings, Davy Spillane, Cormac Breatnach, John Mc Sherry, Michael Mc Goldrick, Tony MacManus, William Jackson, Phil Cunningham, Tim Edey, Steven Cooney, Liam O' Flynn, Julie Fowlis,Cécile Corbel, Gwenael Kerleo...
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